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Abu Simbel • Temples de Ramsès et Nefertari, trésors d’Égypte

Plongez dans l'antique Nubie avec notre vidéo de 17 minutes sur Abu Simbel, et découvrez comment ces temples emblématiques continuent d'éblouir le monde. Rejoignez-nous pour un voyage à travers le temps et l'espace, au cœur des merveilles de Ramsès II.
00:00 • intro | 00:55 • Temples de Ramses et de Nefertari | 02:35 • Sauvetage d'Abu Simbel | 03:24 • Le temple de Ramses ( le 'Grand Temple') | 11:18 • Le temple de Nefertari ( le 'Petit Temple')

Création personnelle à partir de matériel visuel collecté au cours de mon voyage Egypte (2024)

• sous-titres disponibles en Français, Anglais, Néerlandais •

Abu Simbel, les temples de Ramsès II et de Néfertari au bord du Nil

 

Un site majeur de l’Égypte ancienne et du patrimoine mondial

 

Dans le sud de Égypte, non loin de la frontière nubienne et des rives du lac Nasser, Abu Simbel figure parmi les ensembles monumentaux les plus célèbres de l’Antiquité. Creusés dans la roche sous le règne de Ramsès II au XIIIe siècle avant notre ère, les deux temples du site associent puissance politique, culte religieux et maîtrise architecturale. Leur situation spectaculaire, face au désert et aux eaux du Nil transformées aujourd’hui par le lac artificiel, renforce encore leur caractère exceptionnel.

 

Abu Simbel est composé de deux sanctuaires voisins : le Grand Temple dédié à Ramsès II et à plusieurs divinités majeures, ainsi que le Petit Temple consacré à la reine Néfertari et à la déesse Hathor. La vidéo permet de découvrir ces monuments emblématiques, mais aussi l’extraordinaire opération de sauvetage qui assura leur préservation au XXe siècle.

 

Deux temples monumentaux au service du pouvoir royal

 

Le Grand Temple de Ramsès II est immédiatement reconnaissable à sa façade monumentale dominée par quatre statues colossales du souverain assis. Taillées directement dans la falaise, elles proclament la puissance du pharaon à l’entrée de la Nubie. Entre ces figures géantes apparaissent des membres de la famille royale et divers éléments décoratifs qui complètent le programme symbolique du monument.

 

À l’intérieur, le temple s’organise selon un axe progressif menant vers les espaces les plus sacrés. Salles hypostyles, piliers sculptés, reliefs historiques et sanctuaire final traduisent la hiérarchie religieuse du lieu. Parmi les scènes célèbres figurent des représentations de victoires militaires, notamment la bataille de Qadesh, utilisées pour magnifier le règne royal.

 

Le Petit Temple de Néfertari, parfois appelé temple d’Hathor, possède une façade plus réduite mais d’une grande élégance. Six statues en pied y alternent entre Ramsès II et la reine. Ce traitement, rare dans l’art égyptien, souligne le statut privilégié de Néfertari. L’intérieur développe un décor lié à Hathor, divinité associée à la féminité, à la musique et à la protection.

 

Contexte historique, politique et architectural

 

Abu Simbel fut édifié durant la XIXe dynastie, à une époque où l’Égypte du Nouvel Empire exerçait une forte influence sur la Nubie et sur de vastes territoires voisins. Ramsès II, l’un des pharaons les plus connus de l’histoire égyptienne, mena un long règne marqué par de nombreuses constructions monumentales. Les temples rupestres d’Abu Simbel participaient à cette politique de prestige.

 

Leur implantation au sud du royaume n’était pas anodine. Le site se trouvait sur un axe stratégique reliant l’Égypte à la Nubie, région essentielle pour ses ressources, ses échanges et son importance militaire. Les temples affirmaient donc à la fois l’autorité du pouvoir central et la présence religieuse égyptienne dans cette zone frontalière.

 

L’architecture creusée dans la roche diffère des temples bâtis en pierre assemblée. Ici, la montagne devient elle-même monument. Façades sculptées, salles intérieures excavées et décor continu forment un ensemble cohérent où sculpture et architecture ne font qu’un. Le célèbre alignement solaire du Grand Temple, lié à l’illumination périodique du sanctuaire, montre également l’attention portée aux phénomènes astronomiques et symboliques.

 

Le sauvetage d’Abu Simbel, une opération exceptionnelle

 

Au XXe siècle, la construction du haut barrage d’Assouan entraîna la montée des eaux et la formation du lac Nasser. De nombreux sites antiques de Nubie risquaient alors d’être engloutis. Abu Simbel devint l’un des symboles de cette menace patrimoniale.

 

Sous l’égide de UNESCO, une vaste campagne internationale fut lancée dans les années 1960. Les temples furent découpés en blocs, déplacés puis remontés sur un site artificiellement reconstitué, situé plus haut et en retrait des eaux. Cette intervention technique, complexe et coûteuse, demeure l’un des grands chantiers de sauvegarde du patrimoine mondial.

 

Le visiteur d’aujourd’hui contemple donc des monuments authentiques, replacés dans un environnement recréé avec soin afin de préserver leur apparence générale et leur orientation.

 

Ce que les vidéos de ce site rendent particulièrement lisible

 

Les vidéos proposées sur ce site, souvent élaborées à partir de photographies choisies avec attention, conviennent particulièrement bien à Abu Simbel. Elles permettent de passer d’une vue d’ensemble du site à l’observation précise des façades sculptées, des colosses royaux et des détails décoratifs.

 

La succession des images aide à mesurer les dimensions réelles des statues et la manière dont les deux temples dialoguent avec le relief naturel. Elle met aussi en évidence les contrastes entre la masse rocheuse extérieure et les espaces intérieurs plus ordonnés.

 

Les vues rapprochées facilitent la lecture des reliefs, des hiéroglyphes et des expressions sculptées, souvent difficiles à saisir lors d’une visite rapide. Les changements d’angle montrent comment la lumière transforme les surfaces au fil de la journée et renforce parfois l’effet monumental recherché par les bâtisseurs.

 

Enfin, la progression visuelle éclaire l’histoire moderne du site. Le déplacement des temples, leur implantation actuelle et la relation avec le lac Nasser deviennent plus compréhensibles lorsqu’ils sont replacés dans une suite d’images cohérente.

 

Un chef-d’œuvre entre antiquité et sauvegarde moderne

 

Abu Simbel réunit deux dimensions rares : la grandeur artistique de l’Égypte pharaonique et un exemple majeur de coopération internationale pour sauver un patrimoine menacé. Peu de sites illustrent avec autant de force le dialogue entre passé lointain et enjeux contemporains de conservation.

 

Les pages détaillées consacrées au Temple de Ramsès II et au Temple de Néfertari permettent de prolonger cette découverte en explorant plus précisément leur histoire, leur architecture et leur symbolique.

Façade du temple de Nefertari, Abu Simbel • Egypte

Transcription du commentaire audio

Les temples d'Abou Simbel et leur spectaculaire sauvetage

 

Les temples d'Abou Simbel, en Égypte, comptent parmi les rares sites au monde ayant bénéficié de deux prouesses techniques à plus de 3000 ans d’intervalle. Conçus au 13ème siècle avant notre ère sous le règne de Ramsès II, ces temples monumentaux furent sculptés dans le grès nubien, une roche résistante, pour célébrer la grandeur du pharaon et honorer les divinités. Ce projet pharaonique a donné naissance à deux temples : l’un dédié à Ramsès II lui-même et aux dieux Amon, et Ptah, l’autre à son épouse Nefertari, associée à la déesse Hathor.

 

Au début des années 1960, le monument colossal d’Abou Simbel, vieux de plus de 3000 ans, a failli disparaître sous les eaux du Nil en raison de la construction du grand barrage d’Assouan. Ce projet d’infrastructure, conçu pour contrôler les crues et fournir de l’électricité à l’Égypte, menaçait d’engloutir ce chef-d'œuvre sous les eaux du nouveau lac. Pour sauver ce trésor, une opération de sauvetage sans précédent a été menée, posant les bases de ce qui deviendra en 1972 le programme de protection du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le temple de Ramsès II, symbole de puissance, a été minutieusement découpé en blocs, déplacé et réassemblé plus haut dans une falaise artificielle, soigneusement reconstituée pour préserver l’aspect rupestre de l’ensemble. Les lignes visibles au sommet du rocher en témoignent encore aujourd’hui.

 

Le Nil, à la fois bienfaiteur et destructeur, a toujours rythmé la vie en Égypte. Source de fertilité, il déposait ses limons lors des crues, nourrissant la terre et les civilisations qui en dépendaient. Mais son pouvoir, lorsqu’il débordait, pouvait aussi engloutir des terres et des trésors. En sauvant Abou Simbel, la communauté internationale a permis de préserver non seulement un temple, mais un fragment d’histoire égyptienne, arraché aux caprices du fleuve

 

 

Le temple de Ramses

 

À la base des colosses de Ramsès, des statues plus petites représentent ses enfants et membres de sa famille, affirmant l’importance de sa lignée royale. De part et d’autre, le dieu faucon Horus, protecteur du pharaon, veille. La deuxième statue, endommagée probablement par un tremblement de terre ancien, conserve son fragment tombé aux pieds du temple, respecté dans la reconstruction fidèle d’Abou Simbel.

 

Dans la niche centrale de la façade se tient une statue de Rê-Horakhty, dieu solaire qui fusionne , le soleil, et Horakhty, une forme de Horus lié à l’horizon. Ce symbole solaire souligne l’importance du soleil pour Ramsès II. De part et d’autre, deux bas-reliefs montrent le pharaon en adoration, entouré de hiéroglyphes et de cartouches gravant ses noms royaux, affirmant son lien divin.

 

Au sommet du temple, une rangée de babouins — autrefois probablement 24 pour symboliser le cycle complet du jour et de la nuit — adore le soleil, affirmant le lien entre Ramsès II et le cycle solaire éternel.

 

Dans la grande salle hypostyle du temple, huit colonnes colossales représentant Ramsès II en Osiris accueillent les visiteurs. Ces piliers imposants, sculptés à l’image du pharaon divinisé, symbolisent sa puissance éternelle et son rôle de protecteur de l’Égypte, guidant vers le cœur sacré du temple.

 

Au fond du sanctuaire d'Abou Simbel, quatre statues assises représentent, de gauche à droite : Ptah, Ramsès II, Amon et Rê-Horakhty. Ptah, dieu des ténèbres, reste dans l’ombre, tandis que les trois autres statues sont éclairées par les rayons du soleil deux fois par an. À l’origine, ce phénomène se produisait autour du 21 février et du 21 octobre, mais depuis le déplacement du temple plus haut sur la falaise pour éviter l'inondation du lac Nasser, il se produit désormais les 22 février et 22 octobre. Ce moment symbolise l’union du pharaon avec les dieux solaires, affirmant sa puissance divine et son lien cosmique avec le cycle de la lumière.

 

Les bas-reliefs égyptiens suivent des conventions uniques, combinant profil et vue de face pour offrir la perspective la plus reconnaissable de chaque partie du corps. La tête et les jambes sont de profil, tandis que le torse est de face, assurant une clarté immédiate. Parfois, deux mains droites ou deux mains gauches renforcent les gestes symboliques. Ce style composite n'a pas pour but d'être réaliste, mais de transmettre un message sacré et lisible, avec une fonction magique : ces images sont conçues pour "vivre" dans l’au-delà, permettant aux personnages représentés de continuer à exister et interagir dans le monde des dieux.

 

Les murs du temple de Ramsès II à Abou Simbel sont ornés de bas-reliefs, autrefois rehaussés de peinture pour donner plus de profondeur et de couleur aux scènes. Construit pour célébrer la puissance divine et militaire de Ramsès II, le temple servait à asseoir son autorité sur la Nubie récemment conquise et à démontrer son lien privilégié avec les dieux. Les thèmes principaux illustrent le pharaon honorant les divinités, notamment Rê-Horakhty, ainsi que ses victoires militaires, comme la bataille de Qadesh. Ces motifs symbolisent Ramsès en souverain invincible et protecteur de l’Égypte, consolidant ainsi son pouvoir sur ses territoires.

 

Le temple de Nefertari

 

Le temple dédié à Nefertari, épouse de Ramsès II, se distingue par son agencement harmonieux et symbolique des statues colossales qui gardent l'entrée, 3 de Ramses et 3 de Nefertari.  Notablement, Nefertari est représentée à la même échelle que Ramsès, ce qui est peu commun et souligne son statut exceptionnel parmi les reines de l'Égypte ancienne. Elle est également coiffée d'une grande couronne, augmentant sa stature au-delà même de celle de Ramsès à ses côtés.

 

Cette façade unique, où Nefertari est aussi présente et imposante que le pharaon lui-même, est un témoignage de son importance à la fois politique et cultuelle. Cet agencement est une célébration de leur union et de leur co-règne, soulignant leur interdépendance dans la vie comme dans la mémoire éternelle de leur civilisation.

 

Une différence frappante avec le temple de Ramses voisin est la présence d’imposants hiéroglyphes sur la façade. Il est probable que les concepteurs du temple ont voulu insister sur la symbolique de ce temple qui est dédié à la reine Nefertari, en étroite relation avec une des principales divinités du panthéon égyptien,  la déesse Hathor.

 

Hathor, déesse de l'amour, de la beauté, de la musique, et de la maternité, joue un rôle central dans le panthéon égyptien. Représentée ici de chaque côté de Nefertari, elle arbore ses cornes iconiques encerclant un disque solaire, symbolisant sa protection et son statut divin. Cette fresque illustre la relation étroite entre Nefertari et Hathor, élevant la reine à une stature quasi-divine.

 

Sur les colonnes, la même Hathor est sculptée avec des traits plus stylisés mais toujours identifiables par ses cornes et ses oreilles de vache. Cette représentation moins élaborée met en avant un autre aspect de son rôle, celui de nourricière et de gardienne, reflétant sa présence omniprésente et son influence dans ce temple dédié à la reine Nefertari.

 

Le temple de Nefertari à Abu Simbel, bien que dédié à la reine Nefertari et à Hathor, déesse de l'amour et de la musique, illustre également de manière prononcée la présence et l'importance de Ramsès II. Ce temple sert non seulement d'hommage à sa grande épouse royale, mais aussi de vitrine du pouvoir et de la piété du pharaon lui-même. À travers les reliefs détaillés, Ramsès II est omniprésent, représenté dans des scènes de batailles victorieuses et en interaction divine avec les dieux, y compris Hathor. Ces représentations renforcent son rôle de souverain guerrier et protecteur de l'Égypte, tout en soulignant sa relation étroite et sacrée avec Hathor, soulignant ainsi le caractère dual de ce temple : un lieu de culte et un monument à la gloire de Ramsès II.

façade du temple de Nefertari, Abu Simbel  • Egypte

façade du temple de Nefertari

colonnes dans le temple de Nefertari, Abu Simbel  • Egypte

colonnes dans le temple de Nefertari

façade du temple de Ramses, Abu Simbel  • Egypte

façade du temple de Ramses

une pièce du temple de Ramses, Abu Simbel  • Egypte

une pièce du temple de Ramses

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