Le temple de Penataran, également appelé Candi Panataran, est un complexe religieux hindou situé près de Blitar, dans la province de Java oriental, en Indonésie, et non à Yogyakarta. Le site rassemble plusieurs édifices et espaces cérémoniels répartis dans une enceinte archéologique. Consacré au culte de Shiva, il a servi pendant plusieurs siècles sous les royaumes de Kediri et de Majapahit. Aujourd’hui, Penataran est un site patrimonial accessible aux visiteurs et administré dans le cadre de la protection du patrimoine culturel indonésien. Ses vestiges permettent d’observer l’organisation d’un vaste complexe religieux javanais.
Yogyakarta • Temple Penataran
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Temple Penataran
Le complexe religieux de Penataran à Java oriental
Fondation sous le royaume de Kediri
Le temple de Penataran, également appelé Candi Panataran ou Candi Palah, ne se trouve pas à Yogyakarta, mais dans le village de Penataran, près de Blitar, dans la province de Java oriental. Installé sur les pentes sud-ouest du volcan Kelud, il forme un complexe hindou consacré principalement à Shiva. Son développement s’étend sur plus de deux siècles, depuis le royaume de Kediri jusqu’aux dernières décennies de l’État de Majapahit.
La plus ancienne date connue, 1197, figure dans l’inscription de Palah découverte dans l’enceinte. Émise sous le règne de Kertajaya, également appelé Srengga, dernier souverain de Kediri, elle accorde un statut privilégié à un domaine destiné au culte de Bhatara Palah. Cette divinité était probablement associée à Shiva et au mont Kelud. La fondation répondait ainsi à une fonction religieuse directement liée au territoire et à la protection symbolique du royaume contre les forces attribuées au volcan.
Les vestiges visibles de cette première période restent limités. Le sanctuaire initial a probablement été intégré à des aménagements ultérieurs ou remplacé au cours des reconstructions menées sous Majapahit. L’inscription de 1197 atteste néanmoins que Palah constituait déjà un lieu de culte reconnu avant l’expansion du complexe actuellement conservé.
Transformation en sanctuaire royal de Majapahit
Après une interruption documentaire, les travaux reprirent au début du XIVe siècle sous les souverains de Majapahit. Deux statues de gardiens, ou *dvarapala*, portent la date de 1320 et signalent une importante réorganisation du site pendant le règne de Jayanegara. Penataran semble alors avoir acquis le statut de sanctuaire soutenu par la monarchie, sans pour autant former un ensemble conçu et achevé en une seule campagne.
Les constructions se multiplièrent dans trois cours successives. Le pavillon appelé Bale Agung, la terrasse du Pendopo, le temple Naga, le temple daté et le sanctuaire principal appartiennent à différentes étapes de cet agrandissement. Le temple daté porte l’année 1369, correspondant au règne de Hayam Wuruk. D’autres inscriptions réparties dans le complexe s’échelonnent entre le début du XIVe siècle et 1454, montrant que les souverains et les élites de Majapahit financèrent continuellement des édifices, des sculptures et des aménagements rituels.
Le poème de cour *Nagarakretagama*, composé en 1365, désigne le sanctuaire sous le nom de Palah et rapporte que Hayam Wuruk s’y rendait. Ces visites confirment sa relation avec le pouvoir royal. Le programme religieux associait le culte de Shiva, la protection de Majapahit et la représentation symbolique du mont Meru. Les reliefs narratifs du complexe, notamment ceux consacrés au *Ramayana* et à des récits liés à Krishna, inscrivaient également le sanctuaire dans la culture politique et religieuse de la cour.
La date de 1454 est la plus récente relevée dans l’ensemble. Elle ne correspond pas nécessairement à une cérémonie d’achèvement, mais marque la dernière intervention datée connue. Penataran doit donc être compris comme un complexe évolutif, continuellement adapté entre 1197 et le milieu du XVe siècle plutôt que comme un monument construit selon un projet unique.
Repères contemporains dans le monde
La principale phase d’agrandissement de Penataran, aux XIVe et XVe siècles, fut contemporaine de la peste noire en Europe et du conflit de la guerre de Cent Ans. En Chine, la dynastie Ming remplaça les Yuan en 1368. En Afrique occidentale, l’Empire du Mali atteignit une forte visibilité internationale sous Mansa Moussa. En Asie du Sud-Est, Angkor demeura un centre politique important jusqu’au déplacement progressif du pouvoir khmer au XVe siècle.
Déclin, redécouverte et études archéologiques
L’affaiblissement puis la disparition de Majapahit au tournant des XVe et XVIe siècles entraînèrent la cessation des grands travaux. Les pratiques religieuses hindoues se réduisirent progressivement dans la région, tandis que la végétation, les dépôts volcaniques et l’absence d’entretien affectèrent les bâtiments. Plusieurs superstructures disparurent, mais les soubassements, terrasses et reliefs conservèrent l’organisation générale du complexe.
Le site fut signalé aux autorités coloniales européennes au début du XIXe siècle, notamment pendant l’administration britannique de Java dirigée par Thomas Stamford Raffles. Des relevés et descriptions plus systématiques furent ensuite réalisés par des chercheurs néerlandais au cours des XIXe et XXe siècles. Ces travaux permirent d’identifier l’inscription de Palah, de distinguer les différentes phases de construction et de rapprocher le monument des mentions contenues dans les textes javanais anciens.
Les interventions archéologiques et les travaux de consolidation ont privilégié la stabilisation des structures subsistantes. Comme les parties supérieures de plusieurs édifices avaient disparu, les restaurations ont généralement conservé les soubassements et replacé certains blocs sans reconstruire intégralement les volumes supposés.
Usage actuel et préservation
Penataran fonctionne aujourd’hui principalement comme site archéologique protégé et comme lieu de transmission du patrimoine hindou-javanais. Son organisation en cours successives, ses inscriptions et ses reliefs documentent l’évolution d’un sanctuaire royal entre Kediri et Majapahit. Des cérémonies hindoues peuvent encore y être organisées, mais le complexe n’exerce plus la fonction institutionnelle qu’il possédait sous les royaumes préislamiques.
La conservation doit répondre à l’érosion de la pierre, au développement biologique sur les surfaces sculptées, aux fortes précipitations et aux risques liés à l’activité du Kelud. La fréquentation impose également de protéger les reliefs et de contrôler les circulations. Le site n’est pas inscrit sur la Liste du patrimoine mondial ; sa protection relève du dispositif indonésien consacré aux biens culturels et de l’administration patrimoniale compétente pour Java oriental.
Organisation architecturale du complexe de Penataran
Implantation et distribution des cours
Le temple de Penataran, ou Candi Panataran, ne se trouve pas à Yogyakarta, mais près de Blitar, dans la province de Java oriental. Implanté sur les pentes sud-ouest du volcan Kelud, le complexe couvre environ 13 560 m², dont près de 2 580 m² de constructions conservées. Son organisation suit un axe dirigé vers la montagne, considérée comme la zone la plus sacrée. Les bâtiments ne forment pas une composition symétrique : ils se succèdent dans un espace allongé selon une hiérarchie progressive.
Deux murs transversaux, aujourd’hui partiellement disparus, divisaient le terrain en trois cours successives. L’entrée occidentale introduisait dans une avant-cour contenant des pavillons et des terrasses. La cour médiane réunissait plusieurs sanctuaires indépendants, tandis que la cour orientale, la plus proche du Kelud, abritait le temple principal. Des portails de brique et des statues de gardiens marquaient les passages entre ces secteurs. Ce dispositif organisait la circulation depuis les espaces collectifs vers les constructions réservées aux cérémonies centrales.
Les bâtiments sont disposés les uns derrière les autres, mais aussi latéralement, sans axe unique reliant toutes les portes. Cette configuration produit des déplacements obliques et des changements de direction entre terrasses, sanctuaires et espaces ouverts. Les constructions en pierre côtoyaient autrefois des pavillons à poteaux de bois, dont seuls subsistent les soubassements et les dés de fondation. Deux bassins rituels situés hors de l’enceinte complétaient l’ensemble ; l’un d’eux, aménagé en contrebas au sud-est, était alimenté par une source souterraine.
Pavillons de l’avant-cour et sanctuaires intermédiaires
Le Bale Agung occupe le nord-ouest de la première cour. Son soubassement rectangulaire mesure environ 37 mètres sur 18,84 mètres et s’élève à 1,44 mètre. Les murs et la couverture ont disparu, mais des bases de pierre indiquent l’existence d’une structure à poteaux de bois portant un toit. Des escaliers aménagés au milieu des côtés permettaient d’accéder au plancher surélevé. Le socle est ceint d’un naga sculpté dont les têtes apparaissent aux angles, tandis que des figures de Mahakala encadraient les montées.
La terrasse du Pendopo, située au sud-est du Bale Agung, mesure approximativement 29,05 mètres sur 9,22 mètres pour une hauteur de 1,50 mètre. Deux escaliers occidentaux, bordés de petits gardiens ailés, conduisent à sa plateforme. Les joues des marches adoptent un profil en volute orné de motifs triangulaires. Des reliefs narratifs couvrent les faces du soubassement, daté de 1375. Des nagas sculptés entourent également la terrasse. Les bases de poteaux montrent qu’elle supportait un pavillon en matériaux périssables plutôt qu’un sanctuaire entièrement maçonné.
Dans la cour médiane, le temple daté de 1369 présente une chambre intérieure accessible par l’ouest et contenant une statue de Ganesha. Son soubassement élevé porte un escalier aux joues recourbées. Des niches simulant des portes occupent les trois autres faces, chacune surmontée d’un masque de kala. La toiture de pierre, conservée, se compose de niveaux décroissants abondamment ornés et s’achève par un sommet quadrangulaire. Un motif solaire associé à Majapahit apparaît dans la partie supérieure, renforçant l’unité entre architecture, sculpture et représentation du pouvoir royal.
Temple Naga et sanctuaire principal
Le temple Naga, également situé dans la cour médiane, mesure environ 4,83 mètres sur 6,57 mètres et atteint 4,70 mètres de hauteur dans son état conservé. Construit en andésite, il possède une chambre ouverte à l’ouest, précédée d’un escalier encadré à l’origine par deux gardiens armés. Neuf figures vêtues comme des personnages royaux se répartissent autour des façades. Elles soutiennent un long serpent sculpté qui entoure la partie supérieure du bâtiment, donnant au décor une fonction visuelle comparable à celle d’un entablement continu.
Entre les personnages du temple Naga apparaissent des médaillons contenant des feuillages, des fleurs, des animaux et de petites scènes. La couverture originelle n’a pas été retrouvée et pouvait avoir recours à des matériaux périssables. La restauration de 1917-1918 a rétabli le soubassement et le corps, sans reconstruire le toit. L’association des figures porteuses et du serpent transforme les façades en une composition plastique continue : les sculptures ne sont pas appliquées sur une enveloppe neutre, mais participent à l’articulation verticale et au couronnement du volume.
Le temple principal occupe la cour la plus orientale. Son soubassement à trois terrasses atteint environ 7,19 mètres de hauteur. La première plateforme mesure près de 30,06 mètres dans l’axe est-ouest et comporte quatre avancées centrales. Deux escaliers occidentaux donnent accès au premier niveau ; leurs gardiens portent la date de 1347. Le retrait de la deuxième terrasse crée une galerie périphérique destinée à la circulation devant les reliefs. Les panneaux du premier et du deuxième niveau illustrent respectivement des épisodes du *Ramayana* et du *Krishnayana*.
La troisième terrasse, presque carrée, est décorée de nagas et de lions ailés traités comme des supports sculpturaux. Son centre conserve les traces d’un noyau quadrangulaire en brique rouge, ultérieurement enveloppé d’un parement d’andésite. Cette superposition révèle une extension du sanctuaire primitif plutôt qu’une reconstruction totalement indépendante. Le corps supérieur du temple principal a disparu et n’a pas pu être replacé avec certitude. Des blocs appartenant à cette élévation sont présentés dans une reconstruction expérimentale voisine, distincte du soubassement authentique.
Matériaux, transformations et conservation
L’architecture de Penataran combine andésite, brique rouge, bois et matériaux de couverture aujourd’hui disparus. L’andésite fut employée pour les terrasses, escaliers, parements, statues et reliefs soumis à une forte sollicitation. La brique servait aux murs de séparation, aux portails et à certains noyaux plus anciens. Les pavillons reposaient sur des dés de pierre capables d’isoler leurs poteaux de l’humidité du sol. Cette diversité explique la conservation inégale du complexe : les plateformes minérales subsistent, tandis que la plupart des élévations légères ont entièrement disparu.
Les restaurations ont consolidé les terrasses, remonté certains parements et replacé les blocs dont la position pouvait être établie. Elles ont évité de restituer les volumes supérieurs insuffisamment documentés, notamment celui du temple principal. La conservation actuelle doit limiter l’érosion des reliefs, la colonisation biologique, les infiltrations entre blocs et les effets des fortes pluies. L’activité du Kelud impose également une surveillance des dépôts volcaniques. Les cheminements contemporains doivent protéger les sculptures tout en maintenant la lecture des trois cours et de leur progression vers la montagne.

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