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chhatrapati

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Terme Définition
chhatrapati

Le chhatrapati est un titre souverain particulièrement associé à la monarchie marathe en Inde. Consacré par le couronnement de Shivaji à Raigad en 1674, il fut porté par ses successeurs, notamment dans les maisons royales de Satara et de Kolhapur.

e terme « chhatrapati » est issu du sanskrit chhatra, qui signifie « parasol », et pati, qui signifie « maître » ou « seigneur ». Il peut se traduire littéralement par « seigneur du parasol ». Dans les traditions politiques de l’Inde, le parasol cérémoniel constitue un insigne de souveraineté et de dignité royale. Le titre désigne donc un souverain reconnu par cet attribut, plutôt qu’une fonction liée à un objet ordinaire.

Le titre est étroitement associé à Shivaji, fondateur de la monarchie marathe. Son couronnement à Raigad, le 6 juin 1674, affirma publiquement son statut de souverain indépendant face aux puissances voisines, notamment l’Empire moghol et les sultanats du Deccan. Le trône, le parasol et les rites du couronnement participaient à cette affirmation politique.

Après Shivaji, ses successeurs conservèrent le titre. Les conflits de succession entraînèrent ensuite l’existence de deux lignées royales principales, établies à Satara et à Kolhapur. Le titre ne désigne donc ni une personne unique ni une seule branche familiale. Il ne s’applique pas non plus automatiquement à tous les souverains hindous ou à tous les chefs marathes.

Il convient de distinguer le chhatrapati du peshwa. Le premier représente la souveraineté dynastique, tandis que le second est à l’origine un ministre. Au XVIIIe siècle, les peshwas concentrèrent progressivement le gouvernement effectif de l’ensemble marathe depuis Pune, alors que les chhatrapatis de Satara conservaient principalement leur autorité dynastique. Le titre ne garantit donc pas, à toutes les périodes, l’exercice personnel du pouvoir.

Le mot est parfois rendu par « roi » ou « empereur », selon le contexte. Ces traductions ne restituent toutefois pas exactement sa signification historique. Il peut également accompagner d’autres titres, comme maharaja, sans leur être strictement équivalent. Sous la domination britannique, les titulatures traditionnelles coexistèrent avec les désignations et les rangs reconnus dans le système princier colonial.

Pour l’étude du patrimoine, le terme apparaît dans les inscriptions, les sceaux, les récits historiques et les noms de monuments ou d’institutions. Raigad est particulièrement lié au couronnement de Shivaji ; les palais de Satara et de Kolhapur témoignent de la continuité des maisons royales. La présence du titre dans le nom actuel d’un bâtiment ne signifie cependant pas que celui-ci fut construit par son titulaire : il peut s’agir d’une dénomination commémorative.

Après la disparition des États concernés, le titre a subsisté dans les usages familiaux, historiques et honorifiques. Son emploi contemporain ne correspond pas à l’exercice d’une souveraineté politique.

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