De tradition hindoue, (avec aussi une influence islamique, jaine et chrétienne), la dynastie Bhonsle de Kolhapur a régné pendant environ 239 ans, ± entre 1710 et 1949 sur tout ou partie de l'Inde de l’Ouest et de l'Inde du Sud, au cours de la période coloniale et de la période moderne.

Cette carte illustre le territoire maximal que la dynastie Bhonsle de Kolhapur a atteint à son apogée, couvrant les régions actuelles de Karnataka et Maharashtra en Inde. Son but principal est de fournir une aide visuelle pour comprendre l'étendue géographique de cette dynastie. Il convient toutefois de noter que les frontières contemporaines de ces régions ne coïncident pas nécessairement avec les territoires historiques.
Les Bhonsle de Kolhapur : royauté marathe, réformes sociales et développement régional
Une monarchie née de la succession de Shivaji
La dynastie Bhonsle de Kolhapur constitue l’une des principales branches de la maison royale marathe issue de Shivaji. Son histoire comme pouvoir distinct commence vers 1710 et s’achève avec l’intégration de son État à Bombay le 1er mars 1949. Implantée dans le sud de l’actuel Maharashtra, avec des possessions dans l’actuel Karnataka, elle conserva une identité politique propre durant l’expansion marathe, la domination britannique et les premières années de l’Inde indépendante.
Son origine réside dans la rivalité entre Shahu, petit fils de Shivaji, et Tarabai, veuve de Rajaram. Après la libération de Shahu par les Moghols en 1707, Tarabai défendit les droits de son fils Shivaji II. La lutte entraîna l’établissement de deux centres royaux, Satara et Kolhapur. En 1714, une révolution de palais écarta Tarabai et son fils au profit de Sambhaji II, autre fils de Rajaram.
Kolhapur dans l’équilibre politique marathe
Le traité de Warna de 1731 stabilisa la séparation entre les deux branches. Kolhapur conserva sa monarchie et ses possessions, tandis que Shahu maintenait sa prééminence dans l’ensemble marathe. Cette division montre que la puissance marathe reposait sur plusieurs centres de pouvoir plutôt que sur une administration entièrement unifiée.
Les souverains de Kolhapur portaient le titre de chhatrapati, affirmant leur appartenance à la tradition royale de Shivaji. Leur autorité dépendait toutefois de négociations avec les grandes familles locales, les détenteurs de domaines et les commandants des forteresses.
Les rapports avec les peshwas, les chefs voisins et les autorités côtières furent régulièrement conflictuels. Les ambitions territoriales, les revenus et la maîtrise des communications nourrissaient ces rivalités. Kolhapur réussit néanmoins à préserver son existence politique malgré la montée de Pune comme principal centre du pouvoir marathe.
La transformation en État princier sous domination britannique
Les relations avec les Britanniques se développèrent dans un contexte de conflits maritimes et de compétition régionale. Des accords successifs, notamment au début du XIXe siècle, réduisirent progressivement l’indépendance extérieure de Kolhapur. L’État conserva son administration intérieure sous la prépondérance britannique.
Cette continuité dynastique s’accompagna d’interventions dans les affaires du royaume. Les minorités royales, les difficultés administratives et les rivalités de cour favorisèrent l’action des agents britanniques. En 1844, une révolte des garnisons héréditaires des forteresses manifesta les tensions provoquées par la réorganisation du pouvoir.
Kolhapur illustre ainsi les contradictions du système princier colonial : la monarchie demeurait une institution locale importante, mais son autonomie était limitée par une puissance extérieure capable d’intervenir dans son gouvernement.
Une économie agricole progressivement modernisée
L’économie reposait principalement sur l’agriculture, les prélèvements fonciers et les échanges entre le plateau et la côte occidentale. Les marchés locaux reliaient les producteurs de céréales, de coton, de tabac et de produits sucriers aux circuits commerciaux régionaux.
Sous Shahu, qui régna de 1894 à 1922 après une minorité commencée en 1884, le gouvernement encouragea l’irrigation, les communications et les activités industrielles. Le lancement du barrage de Radhanagari témoigna d’une volonté d’améliorer durablement l’approvisionnement en eau et les possibilités agricoles.
Le soutien aux activités textiles et au commerce contribua également à diversifier l’économie. Ces initiatives ne supprimèrent pas les inégalités rurales, mais renforcèrent le rôle de l’État dans le développement régional.
Shahu et la remise en cause des inégalités sociales
L’importance de Kolhapur dans l’histoire indienne tient particulièrement à la politique sociale de Shahu, souvent appelé Rajarshi Shahu. Son gouvernement chercha à élargir l’accès à l’éducation et aux emplois publics pour les populations défavorisées.
En 1902, il réserva la moitié des postes de l’administration aux catégories alors désignées comme arriérées. Cette mesure figure parmi les précédents importants des politiques indiennes de représentation et de réservation.
Shahu soutint des établissements scolaires, des internats communautaires et l’enseignement primaire obligatoire. Il combattit aussi certaines pratiques d’exclusion liées à la caste. Son soutien à Bhimrao Ramji Ambedkar et aux mouvements des populations opprimées donna à son action une portée dépassant les frontières du royaume.
Un héritage culturel prolongé dans l’Inde indépendante
La dynastie entretenait une tradition hindoue, tout en soutenant des institutions musulmanes, jaïnes et chrétiennes. Le patronage éducatif associait ainsi affirmation royale et participation de différentes communautés.
La cour encouragea également la musique, le théâtre, la lutte et les arts. Cet environnement contribua au rayonnement culturel de Kolhapur, devenue au XXe siècle un centre important du cinéma marathi.
Après l’indépendance de 1947, l’intégration de l’État à Bombay en 1949 mit fin au pouvoir territorial de la dynastie. Son héritage demeure particulièrement visible dans les institutions éducatives, les infrastructures et la mémoire des réformes sociales qui ont marqué l’histoire du Maharashtra.
Les Bhonsle de Kolhapur : territoires du Deccan et relations avec les puissances voisines
Un royaume entre plateau et littoral occidental
La branche des Bhonsle de Kolhapur gouverna un ensemble territorial situé principalement dans le sud de l’actuel Maharashtra, avec des possessions dans le nord de l’actuel Karnataka. Constituée comme pouvoir distinct vers 1710, elle conserva un État jusqu’à son intégration à Bombay le 1er mars 1949.
Son territoire associait des plaines agricoles, des vallées, des forteresses et des passages à travers les Ghats occidentaux. Cette diversité favorisait les échanges entre le plateau du Deccan et le littoral du Konkan. Elle compliquait aussi l’administration, car les montagnes et les possessions dispersées imposaient de négocier avec les commandants locaux et les détenteurs de domaines.
La succession marathe et la formation des frontières
L’origine du royaume est liée au conflit entre Shahu et Tarabai après 1707. Shahu, petit fils de Shivaji, revendiquait le trône marathe à son retour de captivité moghole. Tarabai, veuve de Rajaram, défendait les droits de son fils Shivaji II.
La lutte divisa les fidélités militaires et territoriales. Shahu établit son autorité à Satara, tandis que Tarabai conserva une assise autour de Panhala et de Kolhapur. En 1714, Sambhaji II, autre fils de Rajaram, remplaça Shivaji II à la suite d’une révolution de palais.
Le traité de Warna de 1731 stabilisa les possessions des deux branches. La rivière Warna devint un repère majeur de leur séparation territoriale. Kolhapur conserva ainsi un domaine propre, distinct des territoires relevant de Satara et des conquêtes ultérieures des autres maisons marathes.
Le noyau territorial autour de Kolhapur et de Panhala
Le cœur du royaume se trouvait autour de Kolhapur, également appelée Karvir, dans le bassin de la Panchganga. Les terres agricoles environnantes fournissaient une part essentielle des revenus. La proximité des routes reliant les vallées du Deccan aux passages montagneux renforçait la valeur politique de cette région.
Panhala constituait une position militaire majeure. Sa forteresse permettait de surveiller les communications et offrait un refuge au pouvoir royal. Elle joua un rôle important dans les premières décennies de la branche avant que Kolhapur ne s’affirme durablement comme centre de la cour.
À l’époque coloniale, les principales divisions administratives comprenaient notamment Karvir, Panhala, Shirol, Alta, Gadhinglaj et Bhudargad. Leur étendue ne correspondait pas exactement aux limites du district actuel de Kolhapur.
Les possessions du Karnataka et les domaines subordonnés
Le royaume possédait également des territoires détachés vers l’est et le sud est, notamment autour de Raibag et de Katkol, aujourd’hui au Karnataka. Leur éloignement créait des difficultés de communication et plaçait leur administration au contact d’autres pouvoirs régionaux.
L’espace politique de Kolhapur comprenait aussi des domaines subordonnés, parmi lesquels Vishalgad, Bavda, Kagal et Ichalkaranji. Leurs chefs disposaient de droits propres, ce qui limitait l’uniformité du gouvernement royal.
Les relations avec ces familles associaient obligations militaires, reconnaissance de privilèges et différends sur les revenus. Le territoire formait donc un ensemble hiérarchisé de possessions plutôt qu’une surface administrée partout de manière identique.
Les accès au Konkan et la rivalité côtière
À l’ouest des Ghats, Kolhapur détenait des villages et des territoires dans le Konkan. Ces possessions donnaient accès aux ressources côtières et aux échanges maritimes. Le contrôle de Malvan et de sa région revêtit une importance particulière au XVIIIe siècle.
Cette présence rapprochait Kolhapur des intérêts des Bhonsle de Sawantwadi, des Portugais et des Britanniques. Les conflits portaient sur les frontières, les mouvements commerciaux et la sécurité maritime.
Les opérations britanniques contre Kolhapur en 1765 et en 1792 illustrent les conséquences diplomatiques de cette implantation littorale. Les activités maritimes considérées comme hostiles par les Britanniques favorisèrent des interventions et des accords réduisant progressivement la liberté d’action du royaume.
Les pressions des peshwas et la stabilisation britannique
Sur le plateau, Kolhapur devait composer avec les peshwas et les maisons militaires voisines, notamment les Patwardhan. Les contestations territoriales concernaient des zones agricoles productives et des voies stratégiques. Tasgaon et ses environs figurèrent parmi les espaces disputés au XVIIIe siècle.
Au XIXe siècle, les accords avec les Britanniques transformèrent ces rapports. Les frontières furent progressivement stabilisées sous leur prépondérance, tandis que Kolhapur perdait la possibilité de mener une politique extérieure autonome.
L’État conserva néanmoins une organisation territoriale propre jusqu’à l’indépendance indienne. Son intégration en 1949 entraîna ensuite des réaménagements administratifs. Ses anciennes possessions se retrouvent aujourd’hui principalement au Maharashtra et au Karnataka, sans se confondre avec les limites contemporaines du district de Kolhapur.
Cette liste concerne la branche de Kolhapur à partir de 1710, distincte de celle de Satara. Le titre dynastique de chhatrapati accompagne les désignations de raja, puis de maharaja dans le cadre britannique. La numérotation des souverains et certaines dates varient selon les chronologies ; celle retenue inclut le bref règne de Shivaji IV en 1821–1822. Des régences assurent notamment les transitions de 1760–1762, 1870–1871, 1883–1884, 1940–1942 et 1946–1947. Les minorités royales s’accompagnent également de régences ou d’un encadrement administratif. La liste s’arrête à l’intégration de l’État le 1er mars 1949.
- Shivaji II (1710–1714) • Règne sous la régence de sa mère Tarabai ; écarté par une révolution de palais.
- Sambhaji II (1714–1760) • Consolide la branche de Kolhapur et conclut le traité de Warna avec Shahu de Satara en 1731.
- Shivaji III (1762–1813) • Successeur adoptif de Sambhaji II ; règne d’abord sous la régence de Jijabai et conclut un traité avec les Britanniques en 1812.
- Sambhaji III, dit Abasaheb (1813–1821) • Succède à son père Shivaji III dans un contexte d’expansion de la puissance britannique.
- Shivaji IV (1821–1822) • Enfant souverain sous la régence de son oncle Shahaji ; meurt après un bref règne.
- Shahaji Ier, dit Buvasaheb (1822–1838) • Ancien régent de Shivaji IV ; règne pendant le renforcement de l’intervention britannique.
- Shivaji V, dit Babasaheb (1838–1866) • Règne d’abord sous régence ; son règne connaît la révolte des garnisons de 1844.
- Rajaram II (1866–1870) • Successeur adoptif de Shivaji V ; meurt à Florence au cours d’un voyage en Europe.
- Shivaji VI, né Narayanrao (1871–1883) • Adopté pour succéder à Rajaram II ; son règne reste marqué par l’encadrement administratif britannique.
- Shahu Ier, dit Rajarshi Shahu (1884–1922) • Exerce personnellement le gouvernement à partir de 1894 ; développe l’éducation et les politiques de représentation des groupes défavorisés.
- Rajaram III (1922–1940) • Succède à son père Shahu Ier et poursuit le développement des institutions de l’État.
- Shivaji VII (1942–1946) • Enfant adopté et installé sur le trône en 1942 ; règne sous régence jusqu’à sa mort.
- Shahaji II (1947–1949) • Dernier souverain régnant ; son gouvernement prend fin avec l’intégration de Kolhapur à Bombay le 1er mars 1949.

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