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Inde • |1713/1948| • dynastie Bhat

  • Dates : 1713/ 1948
 
 

La dynastie Bhat : pouvoir des peshwas et héritage marathe dans l’histoire de l’Inde

L’accession d’une famille de ministres au pouvoir

La dynastie Bhat joua un rôle majeur dans l’histoire de l’Inde entre 1713 et 1818. Ses membres occupèrent la fonction de peshwa, initialement principal ministre du souverain marathe. Ils devinrent progressivement les dirigeants effectifs d’une puissance étendue, tout en maintenant officiellement la monarchie Bhonsle de Satara. Leur ascension accompagna l’affaiblissement de l’Empire moghol et la multiplication des pouvoirs régionaux.

Originaire du Konkan et appartenant à une famille brahmanique, Balaji Vishwanath fut nommé peshwa par Shahu en 1713. Il renforça l’autorité de son souverain par la diplomatie et la négociation avec les chefs marathes. La nomination de son fils Baji Rao Ier en 1720 instaura une continuité familiale qui transforma progressivement cette fonction en charge héréditaire.

L’expansion militaire et les limites de la centralisation

Sous Baji Rao Ier, de 1720 à 1740, la puissance marathe progressa au delà du Maharashtra, notamment vers le Gujarat, le Malwa et le Bundelkhand. Des campagnes rapides, fondées sur la mobilité des forces, contribuèrent à affaiblir les positions mogholes. Les peshwas participèrent ainsi à la transformation des Marathes en puissance de premier rang.

Cette expansion produisit cependant une organisation politique composite. Les Scindia, Holkar, Gaekwad et Bhonsle de Nagpur constituèrent leurs propres domaines et disposèrent d’une autonomie croissante. Le peshwa exerçait une prééminence qui reposait autant sur les négociations et les alliances que sur une autorité administrative directe.

La défaite de Panipat en 1761, contre Ahmad Shah Durrani et ses alliés, interrompit cette progression et provoqua des pertes considérables. Sous Madhavrao Ier, une partie de la puissance marathe fut néanmoins rétablie. La confédération demeura un acteur essentiel de la politique indienne pendant plusieurs décennies.

Pune comme centre administratif et diplomatique

Le gouvernement des Bhat transforma Pune en capitale politique des peshwas. Le palais de Shaniwar Wada matérialisait cette concentration du pouvoir. La présence de ministres, de commandants militaires et de représentants des maisons alliées favorisait une activité diplomatique soutenue.

L’administration s’appuyait sur des agents territoriaux, des comptables et les autorités villageoises. L’usage du marathi, notamment dans l’écriture modi, accompagna la production d’une abondante documentation administrative. Ces pratiques assuraient le suivi des revenus, des dépenses et des instructions gouvernementales.

La continuité du pouvoir restait toutefois vulnérable aux conflits successoraux. Les minorités de certains peshwas et les rivalités entre parents, ministres et chefs militaires limitaient les possibilités de centralisation durable.

Une économie soutenue par la fiscalité et le crédit

Les ressources des peshwas provenaient principalement de l’agriculture, des prélèvements territoriaux et des contributions imposées aux régions soumises à leur influence. Le chauth, correspondant théoriquement au quart des revenus évalués, constituait un instrument important de la fiscalité marathe.

Les campagnes militaires nécessitaient des dépenses considérables. Les banquiers et les prêteurs fournissaient des avances et facilitaient les transferts financiers. Le gouvernement dépendait ainsi de réseaux de crédit reliant la cour, les marchands et les responsables locaux.

À Pune, la demande de la cour et des élites encouragea le commerce, le textile et différents métiers artisanaux. Cette activité ne signifiait cependant pas une prospérité uniforme. Les guerres, les réquisitions et les exigences fiscales extraordinaires pouvaient fragiliser les campagnes et perturber les échanges.

Le patronage religieux et les hiérarchies culturelles

Les Bhat étaient hindous et accordaient une place importante au financement des temples, des pèlerinages et de l’enseignement traditionnel. Les distributions de dakshina, aides destinées aux savants brahmanes, renforcèrent le rayonnement intellectuel et religieux de Pune.

Les constructions religieuses et les aménagements urbains contribuaient également au prestige du gouvernement. Ce patronage consolidait toutefois les privilèges des élites brahmaniques et s’inscrivait dans un ordre social fortement hiérarchisé.

Le soutien aux institutions religieuses dépassait parfois l’hindouisme. Des dotations à des établissements musulmans furent maintenues ou accordées, et des aides ponctuelles à des institutions chrétiennes sont attestées. Ces pratiques répondaient notamment aux traditions locales et aux nécessités du gouvernement.

La domination britannique et la fin du gouvernement dynastique

Les divisions marathes facilitèrent l’intervention de la Compagnie britannique des Indes orientales. En 1802, le traité de Bassein plaça Baji Rao II dans une dépendance militaire et diplomatique envers les Britanniques. Sa défaite et sa reddition en 1818 entraînèrent la suppression de la fonction de peshwa.

L’héritage des Bhat associe expansion politique, développement administratif et patronage culturel. Leur histoire montre aussi les limites d’une puissance reposant sur des alliances instables, une fiscalité militaire exigeante et des centres régionaux largement autonomes.

 

L’expansion territoriale des Bhat : les peshwas dans la géographie politique de l’Inde

Un pouvoir issu du Maharashtra et centré sur Pune

La dynastie Bhat exerça la fonction de peshwa de 1713 à 1818. Initialement principaux ministres des souverains marathes, ses membres devinrent progressivement les dirigeants effectifs d’un ensemble territorial dépassant largement le Maharashtra. Leur autorité associait possessions administrées, droits fiscaux, suzeraineté et alliances avec des maisons marathes autonomes.

Balaji Vishwanath, nommé par Shahu en 1713, établit les fondements de cette prééminence. Son fils Baji Rao Ier fit de Pune le principal centre du gouvernement. Le noyau territorial des peshwas comprenait des régions du plateau du Deccan et du Konkan. Satara conservait cependant son importance comme siège de la monarchie Bhonsle, dont les peshwas reconnaissaient officiellement l’autorité.

L’expansion vers le Gujarat et le Malwa

Sous Baji Rao Ier, entre 1720 et 1740, les campagnes marathes portèrent leur influence vers le Gujarat et le Malwa. Le recul de l’administration moghole ouvrait des possibilités de conquête, de négociation et de perception des revenus. L’expansion ne signifiait donc pas partout une occupation accompagnée d’un gouvernement direct.

Au Gujarat, les droits du peshwa coexistèrent avec ceux des Gaekwad. Ahmedabad illustre cette situation, puisque son contrôle et ses revenus furent partagés selon des arrangements évolutifs. Vadodara devint principalement le centre de la puissance Gaekwad.

Au Malwa, correspondant largement au Madhya Pradesh actuel, les Scindia et les Holkar consolidèrent leurs domaines. Ujjain, Indore et Maheshwar appartenaient à cet espace marathe élargi. Leur intégration à la confédération ne permet toutefois pas de les présenter comme des villes uniformément administrées par la famille Bhat.

Le Bundelkhand et la progression dans le nord

L’intervention de Baji Rao Ier en faveur du souverain bundela Chhatrasal favorisa l’établissement de droits marathes dans le Bundelkhand. Cette région s’étend aujourd’hui sur une partie du Madhya Pradesh et de l’Uttar Pradesh.

Sagar, Jhansi, Jalaun et Kalpi furent associées à cette implantation, sous des formes administratives différentes. Des représentants du peshwa et des responsables locaux y exercèrent le pouvoir, certains développant progressivement une autonomie héréditaire.

Plus au nord, les Scindia établirent leur prépondérance sur Agra et Delhi. L’empereur moghol demeurait une source de légitimité, mais dépendait militairement de puissances extérieures. Cette présence relevait davantage de la domination des Scindia au sein du système marathe que d’une administration personnelle des peshwas.

Les frontières méridionales face à Hyderabad et Mysore

Au sud, les possessions relevant des peshwas atteignaient certaines parties du Karnataka actuel, notamment autour de Dharwad et de Hubballi. Leur contrôle dépendait des campagnes militaires, des accords et de l’action de chefs régionaux.

Cette progression entretenait des rapports conflictuels avec le royaume de Mysore, dirigé successivement par Haidar Ali et Tipu Sultan. Les frontières et les contributions financières faisaient l’objet de négociations après les affrontements.

Le nizam d’Hyderabad constituait un autre voisin majeur. Les rapports mêlaient rivalité territoriale, exigences fiscales et alliances temporaires. Les succès marathes, notamment à Kharda en 1795, renforcèrent leurs revendications sans entraîner l’absorption complète d’Hyderabad.

L’apogée confédérale et les limites de la domination Bhat

Vers 1795, la confédération marathe atteignit une extension considérable. Elle couvrait des parties des actuels Maharashtra, Gujarat, Karnataka, Madhya Pradesh et Uttar Pradesh. Les domaines des Bhonsle de Nagpur ajoutaient des territoires dans l’actuel Chhattisgarh et en Odisha.

Ces possessions orientales ne relevaient pas directement des Bhat. De même, au Rajasthan, les tributs exigés de certaines principautés ne signifiaient pas leur disparition comme États gouvernés par leurs propres dynasties.

L’apogée doit donc être comprise comme celle d’un système politique composite. La prééminence du peshwa coexistait avec les ambitions de partenaires puissants. Cette structure facilitait l’expansion, mais compliquait la coordination militaire et diplomatique.

Le recul territorial et la conquête britannique

La défaite de Panipat en 1761 avait montré les limites de l’expansion septentrionale, sans mettre fin à la puissance marathe. Les pertes décisives survinrent ensuite dans les conflits avec la Compagnie britannique des Indes orientales.

Le traité de Bassein de 1802 plaça Baji Rao II sous dépendance britannique et aggrava les tensions avec les autres chefs marathes. Les guerres suivantes entraînèrent des cessions territoriales majeures.

En 1818, la reddition du dernier peshwa mit fin au gouvernement des Bhat. Leurs possessions furent largement annexées, tandis que plusieurs maisons marathes subsistèrent comme États princiers sous suprématie britannique.

 

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