De tradition hindoue, (avec aussi une influence islamique), la dynastie Bhonsle de Satara a régné pendant environ 140 ans, ± entre 1708 et 1848 sur tout ou partie de l'Inde de l’Ouest et de l'Inde du Sud, au cours de la période coloniale et de la période moderne.

Cette carte illustre le territoire maximal que la dynastie Bhonsle de Satara a atteint à son apogée, couvrant les régions actuelles de Karnataka et Maharashtra en Inde. Son but principal est de fournir une aide visuelle pour comprendre l'étendue géographique de cette dynastie. Il convient toutefois de noter que les frontières contemporaines de ces régions ne coïncident pas nécessairement avec les territoires historiques.
Les Bhonsle de Satara : autorité royale et transformations du pouvoir dans l’Inde marathe
Une branche royale issue de l’héritage de Shivaji
La dynastie Bhonsle de Satara occupe une place importante dans l’histoire de l’Inde du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle. Héritière de la royauté fondée par Shivaji, elle incarna la continuité de la souveraineté marathe pendant une période marquée par l’affaiblissement de l’Empire moghol, l’expansion des puissances régionales et la progression britannique. Son histoire comme branche régnante distincte s’étend de l’installation de Shahu à Satara en 1708 à la mort du dernier souverain régnant, Shahaji, en 1848.
Shahu était le petit fils de Shivaji et le fils de Sambhaji, exécuté sur ordre d’Aurangzeb en 1689. Longtemps prisonnier des Moghols, il fut libéré en 1707. Son retour provoqua un conflit avec Tarabai, veuve de Rajaram, qui défendait les droits de son propre fils. Cette rivalité entraîna la formation de deux centres dynastiques, Satara et Kolhapur. Le traité de Warna de 1731 stabilisa leur séparation politique.
Shahu et la consolidation de la puissance marathe
Sous Shahu, qui régna jusqu’en 1749, Satara devint un centre de légitimation du pouvoir marathe. Le souverain distribuait les dignités, confirmait les charges et arbitrait les rapports entre chefs militaires. Son autorité permettait de réunir des intérêts territoriaux et familiaux souvent concurrents autour d’une monarchie commune.
Shahu s’appuya sur ses ministres, particulièrement les peshwas Balaji Vishwanath et Baji Rao Ier. En 1719, des actes impériaux moghols reconnurent des possessions marathes et des droits de prélèvement dans les provinces du Deccan. Cette reconnaissance renforça sa position tout en fournissant des ressources à l’expansion militaire.
Les campagnes conduites sous son autorité étendirent la puissance marathe vers le Gujarat, le Malwa et l’Inde centrale. Ces conquêtes ne constituèrent cependant pas un territoire uniformément administré depuis Satara. Elles favorisèrent l’ascension de chefs et de maisons disposant de leurs propres armées et revenus.
Le déplacement du pouvoir politique vers Pune
La réussite militaire marathe contribua paradoxalement à réduire le rôle politique effectif des Bhonsle de Satara. Les peshwas concentraient progressivement la direction des campagnes, les négociations diplomatiques et la gestion des ressources. Pune, leur résidence, devint le principal centre de décision.
Après la mort de Shahu, cette évolution s’accentua sous Rajaram II, également appelé Ramraja. Les conflits impliquant Tarabai et le nouveau souverain fragilisèrent davantage la monarchie. En 1750, les arrangements de Sangola consacrèrent la prépondérance administrative du peshwa.
Les souverains de Satara conservèrent néanmoins une fonction essentielle. Leur titre de chhatrapati reliait l’ordre politique marathe à Shivaji et donnait une légitimité aux charges exercées en leur nom. Il faut ainsi distinguer l’autorité dynastique de Satara du gouvernement effectif des peshwas et de l’autonomie croissante des principales maisons marathes.
Une économie fondée sur la terre et les prélèvements
L’économie du pouvoir reposait principalement sur les revenus agricoles, les droits territoriaux et les prélèvements associés à l’expansion marathe. La chauth, théoriquement égale au quart des revenus imposables, et la sardeshmukhi, prélèvement supplémentaire d’un dixième, occupaient une place importante dans ce système.
Ces ressources finançaient les armées, la cour et les détenteurs de charges. Leur perception impliquait toutefois de nombreux intermédiaires. Les concessions de revenus et les droits héréditaires renforçaient les élites locales, tout en limitant les possibilités de centralisation monarchique.
Dans le royaume réduit du XIXe siècle, l’agriculture demeura fondamentale. Les routes, les marchés et les équipements hydrauliques soutenaient les échanges régionaux. Pratapsinh encouragea notamment des travaux routiers et l’aménagement de Satara, dans un contexte désormais soumis à la surveillance britannique.
Un patronage religieux et culturel durable
Les Bhonsle de Satara étaient hindous. Leur patronage soutenait des temples, des établissements religieux et des bénéficiaires de donations foncières. La cour entretenait également les usages cérémoniels et la mémoire de Shivaji, contribuant à préserver une identité politique marathe.
Ce patronage comprenait aussi des institutions musulmanes. Pratapsinh fit notamment construire une mosquée à Satara. Ces pratiques montrent que l’affirmation d’une royauté hindoue pouvait s’accompagner du soutien à d’autres lieux de culte.
La tutelle britannique et la disparition du royaume
Après la défaite du peshwa en 1818, les Britanniques établirent Pratapsinh à la tête d’un royaume de Satara placé sous leur tutelle. Ses possessions comprenaient des territoires situés dans les actuels Maharashtra et Karnataka.
Déposé en 1839, Pratapsinh fut remplacé par son frère Shahaji. La mort de ce dernier en 1848 permit aux Britanniques d’écarter la succession adoptive et d’annexer le royaume selon la doctrine de la déshérence. La fin du pouvoir régnant ne fit cependant pas disparaître la famille, dont l’héritage demeura associé à la mémoire de la souveraineté marathe.
Les Bhonsle de Satara : territoires, expansion marathe et relations avec les puissances voisines
Satara au cœur du plateau du Deccan
La branche des Bhonsle de Satara apparaît comme une lignée régnante distincte avec l’installation de Shahu sur le trône en 1708. Son centre politique se situe dans l’ouest du Deccan, principalement sur le territoire de l’actuel Maharashtra. Satara occupe une position stratégique entre les reliefs des Ghats occidentaux, les vallées agricoles du plateau et les passages conduisant au littoral du Konkan.
L’étendue de son autorité varie considérablement jusqu’à la disparition du pouvoir régnant en 1848. Il faut distinguer les possessions directement administrées par la monarchie, les territoires gouvernés par ses ministres et les régions soumises à des prélèvements. À son expansion maximale, la puissance marathe dépasse largement le royaume propre de Satara, sans constituer un ensemble uniformément contrôlé par les Bhonsle.
La séparation territoriale entre Satara et Kolhapur
Les premières frontières résultent de la lutte entre Shahu et Tarabai. Shahu, fils de Sambhaji et petit fils de Shivaji, revendique la succession royale après sa libération de captivité moghole en 1707. Tarabai défend les droits de son fils, issu de Rajaram, autre fils de Shivaji.
Cette rivalité partage les fidélités des chefs marathes et entraîne la constitution de deux centres monarchiques. Shahu s’impose à Satara, tandis que la branche concurrente conserve une assise autour de Kolhapur, plus au sud.
Le traité de Warna de 1731 stabilise cette division et délimite leurs possessions respectives. Les relations entre les deux branches restent marquées par leur origine familiale commune et leurs prétentions concurrentes. Cette séparation interdit d’attribuer automatiquement aux souverains de Satara tous les territoires détenus par les autres Bhonsle.
Les possessions du Maharashtra et les droits dans le Deccan
Sous Shahu, le noyau territorial comprend des régions de l’ouest du Maharashtra, autour de Satara et des espaces marathes associés à Pune. Les places fortes, les vallées cultivées et les voies traversant les Ghats constituent les principaux supports du pouvoir. Les liens entre plateau et littoral favorisent les échanges, mais leur maîtrise dépend aussi de commandants et de détenteurs de droits locaux.
Les concessions impériales obtenues en 1719 reconnaissent des possessions marathes et des droits fiscaux dans les six provinces mogholes du Deccan. Elles renforcent la position de Shahu face aux représentants de l’Empire moghol.
Ces droits ne signifient cependant pas une annexion générale. La perception de la chauth et de la sardeshmukhi peut se superposer à une administration demeurée entre d’autres mains. Le Deccan devient ainsi un espace de souverainetés imbriquées, où les conflits concernent autant les revenus que les frontières.
L’expansion vers le nord et les rapports avec Hyderabad
Sous les peshwas de Shahu, notamment Baji Rao Ier, les opérations militaires étendent l’influence marathe vers le Gujarat, le Malwa et le Bundelkhand. Ces avancées ouvrent de nouvelles ressources et rapprochent les armées marathes des centres politiques de l’Inde septentrionale.
Elles modifient profondément les relations avec les Moghols, les pouvoirs rajputs et les autorités régionales. Les accords combinent reconnaissance de droits, contributions financières et concessions territoriales.
Dans le Deccan, les souverains d’Hyderabad, issus de la maison des Asaf Jahi, constituent des adversaires majeurs. La campagne de Palkhed en 1728 illustre cette compétition. Les affrontements et les négociations portent sur les prélèvements, les possessions disputées et le soutien accordé aux différentes branches marathes.
Des domaines régionaux de plus en plus autonomes
L’expansion renforce les grandes familles militaires. Les Scindia et les Holkar consolident leurs positions en Inde centrale, les Gaekwad au Gujarat et les Bhonsle de Nagpur dans le centre et l’est du sous continent.
Ces territoires relèvent d’un ordre politique marathe reconnaissant le prestige du chhatrapati, mais leur administration échappe largement à Satara. Après la mort de Shahu en 1749, la prépondérance des peshwas accentue ce décalage. Pune dirige les affaires générales, tandis que Satara conserve surtout une fonction dynastique.
L’extension maximale de la puissance marathe ne correspond donc pas à l’apogée territoriale d’un royaume directement gouverné par les Bhonsle de Satara.
Le royaume réduit sous tutelle britannique
La défaite du peshwa en 1818 transforme cette géographie. Les Britanniques établissent Pratapsinh à la tête d’un royaume limité, dont les contours sont précisés en 1819.
Ce territoire comprend Satara, Karad et Wai, ainsi que des possessions autour de Pandharpur, Sangola et Malsiras, dans l’actuel Maharashtra. Il inclut également Bijapur, aujourd’hui Vijayapura, et ses environs, dans l’actuel Karnataka. Des domaines de chefs locaux compliquent son organisation interne.
Les relations extérieures passent désormais sous contrôle britannique. Après la déposition de Pratapsinh en 1839, son frère Shahaji lui succède. Sa mort en 1848 entraîne l’annexion du royaume, mettant fin à une autorité territoriale progressivement passée de la souveraineté marathe à la dépendance coloniale.
Cette liste concerne la branche de Satara à partir de 1708, distincte de celle de Kolhapur. Ses souverains portent le titre de chhatrapati ; à partir de 1818, les Britanniques reconnaissent un royaume princier dont le dirigeant est désigné comme raja. Après 1749, le pouvoir effectif appartient principalement aux peshwas jusqu’en 1818. Les dates suivent la succession dynastique, qui ne coïncide pas toujours avec le couronnement. Aucun titulaire postérieur à la disparition du pouvoir régnant en 1848 n’est inclus.
- Shahu Ier (1708–1749) • Chhatrapati établi à Satara ; consolide la monarchie et soutient l’expansion marathe conduite par ses peshwas.
- Rajaram II, dit Ramraja (1749–1777) • Successeur adoptif de Shahu Ier ; conserve une autorité surtout nominale face à Tarabai et aux peshwas.
- Shahu II (1777–1808) • Successeur adoptif de Rajaram II ; exerce un rôle essentiellement dynastique sous la prépondérance des peshwas.
- Pratapsinh (1808–1839) • Chhatrapati principalement nominal jusqu’en 1818, puis raja sous tutelle britannique ; déposé en 1839.
- Shahaji, dit Appa Sahib (1839–1848) • Raja sous tutelle britannique ; sa mort est suivie du rejet de la succession adoptive et de l’annexion du royaume.

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