De tradition hindoue, (avec aussi une influence islamique et chrétienne), la dynastie Bhonsle de Thanjavur a régné pendant environ 181 ans, ± entre 1674 et 1855 sur tout ou partie de l'Inde du Sud, au cours de la période coloniale et de la période moderne.

Cette carte illustre le territoire maximal que la dynastie Bhonsle de Thanjavur a atteint à son apogée, couvrant les régions actuelles de Tamil Nadu en Inde. Son but principal est de fournir une aide visuelle pour comprendre l'étendue géographique de cette dynastie. Il convient toutefois de noter que les frontières contemporaines de ces régions ne coïncident pas nécessairement avec les territoires historiques.
Les Bhonsle de Thanjavur : pouvoir régional et rayonnement culturel dans l’Inde moderne
Une implantation marathe dans le delta de la Kaveri
La dynastie Bhonsle de Thanjavur gouverna une partie de l’Inde méridionale entre les années 1674 à 1676, selon les chronologies, et 1855. Fondée par Ekoji Ier, également appelé Venkoji, elle constituait une branche distincte de la famille de Shivaji, fondateur du royaume marathe dans l’ouest du sous continent. Son territoire correspondait principalement au delta de la Kaveri, dans l’actuel Tamil Nadu, et comprenait initialement des possessions autour de Karaikal.
Cette implantation résultait des interventions militaires du sultanat de Bijapur dans les conflits entre principautés méridionales. Général au service de ce sultanat et demi frère de Shivaji, Ekoji établit son propre pouvoir à Thanjavur après l’affaiblissement des Nayak. Ses successeurs conservèrent une identité dynastique marathe tout en s’intégrant aux institutions et aux traditions culturelles du pays tamoul.
Une monarchie régionale face aux rivalités du XVIIIe siècle
Le royaume de Thanjavur ne fut pas une simple province dirigée depuis les principaux centres marathes. Ses souverains poursuivaient des intérêts propres, déterminés par leur situation méridionale, leurs ressources agricoles et leurs rapports avec les puissances voisines.
Au XVIIIe siècle, ils durent composer avec les souverains de Madurai, les nawabs d’Arcot, les autorités de Mysore et les compagnies commerciales européennes. Les guerres, les tributs et les conflits successoraux réduisirent progressivement leur autonomie. L’occupation de Thanjavur par les forces du nawab d’Arcot, soutenues par les Britanniques, en 1773, illustre cette vulnérabilité. Tuljaji retrouva néanmoins son trône en 1776.
En 1799, un accord avec la Compagnie anglaise des Indes orientales transféra l’administration du royaume aux Britanniques. Serfoji II conserva sa dignité royale, une résidence et des revenus, mais ses pouvoirs territoriaux furent fortement restreints. La dynastie subsista ainsi jusqu’en 1855, lorsque la mort de Shivaji II entraîna l’annexion des possessions restantes.
Une économie agricole soutenant la cour et les institutions
La richesse du royaume reposait principalement sur les terres fertiles du delta de la Kaveri. La riziculture, tributaire des canaux et de la maîtrise de l’eau, alimentait les marchés et procurait une part essentielle des recettes fiscales. Les Bhonsle héritèrent d’un paysage agricole aménagé depuis plusieurs siècles, dont le fonctionnement demeurait indispensable à la stabilité politique.
Les prélèvements fonciers finançaient l’armée, l’administration, la cour et les établissements religieux. Les donations de terres soutenaient aussi des communautés savantes et des institutions charitables. Les maisons d’accueil, appelées chattrams, offraient nourriture et hébergement aux voyageurs et aux pèlerins, tout en participant à la circulation des personnes et des ressources.
Les échanges avec la côte de Coromandel inscrivaient le royaume dans des réseaux commerciaux plus vastes. Cependant, les dépenses militaires, les obligations financières envers les puissances voisines et l’expansion européenne pesèrent sur ses ressources. Les transferts de territoires autour de Karaikal aux Français témoignent de ces contraintes.
Une cour multilingue au service des arts
L’apport majeur des Bhonsle à l’histoire indienne réside dans leur patronage culturel. Leur cour associait le marathi, langue de la dynastie, au tamoul, au télougou et au sanskrit. Cette pluralité favorisait les échanges entre traditions littéraires, musicales et théâtrales.
Plusieurs souverains furent eux mêmes auteurs, compositeurs ou théoriciens. Shahaji et Tulaja Ier contribuèrent notamment à la vie musicale et littéraire. Le soutien accordé aux musiciens, aux maîtres de danse et aux interprètes prolongea l’action des Nayak et renforça la place de Thanjavur dans le développement de la musique carnatique.
La cour favorisa également les traditions de danse dont procède le bharatanatyam moderne. Au début du XIXe siècle, les frères du Quartet de Thanjavur participèrent à l’organisation d’un répertoire devenu fondamental. La peinture de Thanjavur et les métiers liés aux temples bénéficièrent aussi de cet environnement artistique.
Serfoji II, les savoirs et la diversité religieuse
Serfoji II, dont le règne effectif commença en 1798, transforma les limites de son pouvoir politique en un important programme intellectuel. Il enrichit la bibliothèque Sarasvati Mahal, héritée des Nayak, encouragea la copie et l’acquisition de manuscrits, ainsi que l’imprimerie et l’enseignement.
Ses initiatives médicales associaient différentes traditions indiennes et des connaissances européennes. Elles illustrent les échanges scientifiques qui accompagnaient alors les transformations politiques du sous continent.
Hindous, les Bhonsle soutenaient les temples tout en accordant également des aides à des institutions musulmanes et chrétiennes. Leur héritage dépasse ainsi leur puissance territoriale : ils contribuèrent durablement à la conservation des savoirs et au rayonnement artistique de l’Inde méridionale.
Le territoire des Bhonsle de Thanjavur : frontières et rivalités dans l’Inde méridionale
Un royaume marathe centré sur le delta de la Kaveri
La dynastie Bhonsle de Thanjavur gouverna un royaume de l’Inde méridionale depuis les années 1674 à 1676, selon les chronologies, jusqu’en 1855. Fondé par Ekoji Ier, également appelé Venkoji, ce pouvoir marathe s’établit sur les territoires auparavant administrés par les Nayak de Thanjavur. Son implantation résultait des interventions militaires du sultanat de Bijapur dans les conflits entre principautés du Sud.
Le royaume occupait principalement le delta de la Kaveri et ses prolongements méridionaux, dans l’actuel Tamil Nadu. Il comprenait aussi des terres autour de Karaikal, aujourd’hui rattachées au territoire de l’Union de Puducherry. Son histoire territoriale doit être distinguée de celle des autres États marathes : les possessions des Bhonsle de Nagpur ou des souverains du Maharashtra ne relevaient pas des rois de Thanjavur.
Le cœur territorial et les principales villes
Thanjavur constituait la capitale politique et dynastique. Autour d’elle, Kumbakonam, Mayiladuthurai, Tiruvaiyaru, Mannargudi et Pattukkottai formaient des centres importants de peuplement, d’administration et d’activité économique. Les territoires contrôlés correspondaient ainsi à plusieurs districts actuels du Tamil Nadu, sans recouvrir exactement leurs limites.
Au nord, le Kollidam, branche septentrionale de la Kaveri, représentait un repère géographique majeur. À l’ouest, le royaume voisinait avec les territoires dépendant de Tiruchirappalli et de Madurai. Au sud, ses frontières se prolongeaient vers les secteurs de Pattukkottai et d’Aranthangi, au contact des pouvoirs de Pudukkottai et de Ramnad.
Ces limites demeuraient variables. Les zones périphériques pouvaient changer de souverain à la suite d’une campagne, d’une négociation ou d’un règlement financier. Il serait donc trompeur de représenter le royaume par une frontière unique valable pour toute la dynastie.
Les relations avec Madurai et les autres pouvoirs marathes
L’installation d’Ekoji intervenait dans un espace marqué par la rivalité entre les Nayak de Thanjavur et ceux de Madurai. La disparition des premiers ne supprima pas les tensions entre les deux ensembles territoriaux. La proximité de Tiruchirappalli, place stratégique associée au royaume de Madurai, imposait aux Bhonsle une vigilance permanente sur leur frontière occidentale.
Les liens familiaux avec Shivaji ne garantissaient pas davantage une coopération constante. Son expédition méridionale de 1677 souleva notamment la question du partage de l’héritage de leur père, Shahji. Les relations entre les deux frères combinaient ainsi parenté dynastique et concurrence politique.
Thanjavur développa progressivement une diplomatie propre. Ses alliances répondaient aux nécessités locales, plutôt qu’à une politique uniformément conduite depuis les principaux centres du pouvoir marathe.
Les frontières méridionales face à Ramnad et Pudukkottai
Au sud, les Sethupathi de Ramnad représentaient des voisins puissants. Les conflits concernaient notamment les forteresses, les terres imposables et les voies de circulation. Aranthangi occupait une position importante dans cette zone de contact et changea de contrôle au cours des affrontements.
L’émergence du pouvoir des Tondaiman de Pudukkottai compliqua encore la situation. Les territoires situés entre Thanjavur, Ramnad et Pudukkottai furent l’objet de revendications concurrentes. Leur possession dépendait autant des rapports militaires que des alliances conclues avec des puissances extérieures.
Ces rivalités montrent que l’expansion des Bhonsle fut principalement régionale. Leurs interventions dans les affaires voisines ne signifiaient pas nécessairement une annexion durable de l’ensemble des royaumes concernés.
Le littoral et la progression des établissements européens
La façade maritime ouvrait le royaume aux échanges de la côte de Coromandel. Toutefois, domination territoriale et contrôle des ports ne coïncidaient pas toujours. Plusieurs établissements européens bénéficiaient de droits particuliers, parfois hérités de concessions accordées sous les Nayak.
Tranquebar était ainsi occupée par les Danois depuis 1620, tandis que Nagapattinam relevait des Néerlandais pendant une grande partie de la période marathe. Ces enclaves limitaient le contrôle direct des Bhonsle sur certains débouchés commerciaux.
À partir de 1739, Karaikal et plusieurs villages environnants passèrent progressivement aux Français. En 1749, Devikottai fut cédé à la Compagnie anglaise des Indes orientales. Ces transferts réduisirent les possessions du royaume et renforcèrent l’emprise européenne sur son environnement côtier.
La réduction du royaume sous la domination britannique
La richesse agricole du delta attirait les convoitises du nawab d’Arcot et de ses alliés britanniques. En 1773, leurs forces occupèrent Thanjavur et déposèrent Tuljaji. Son rétablissement en 1776 ne restaura pas une pleine indépendance.
L’accord de 1799 transféra l’administration du royaume aux Britanniques. Serfoji II conserva sa dignité, des revenus et des droits limités autour de sa résidence. L’espace dynastique se trouva ainsi dissocié de l’ancien territoire gouverné.
En 1855, après la mort de Shivaji II, les Britanniques annexèrent les possessions restantes. Le royaume avait progressivement cessé d’être une puissance territoriale pour devenir une cour placée sous domination coloniale.
Les souverains sont désignés comme rajas ou maharajas selon les sources ; Sujana Bai gouverna comme reine. Les dates sont indicatives, notamment pour la fondation et les successions des années 1730. L’occupation par le nawab d’Arcot interrompit le règne de Tuljaji entre 1773 et 1776. À partir de 1787, Amar Singh exerça le pouvoir comme régent, puis comme souverain, tandis que Serfoji II conserva initialement une royauté nominale. En 1799, l’administration territoriale passa aux Britanniques : Serfoji II et Shivaji II conservèrent une dignité royale et des droits limités. La liste s’arrête à l’annexion de 1855 et exclut les successeurs uniquement titulaires.
- Ekoji Ier, dit Venkoji (vers 1676–1684) • Fondateur de la branche Bhonsle de Thanjavur après la chute des Nayak.
- Shahaji, dit Shahuji Ier (1684–1712) • Soutint la littérature multilingue, le théâtre et la musique.
- Serfoji Ier (1712–1728) • Intervint dans les conflits régionaux, notamment autour de Ramnad.
- Tukkoji, dit Tulaja Ier (1728–1736) • Souverain lettré associé au traité musical Sangita Saramrita.
- Ekoji II (1736–1737) • Succéda à son père Tukkoji pour un bref règne.
- Sujana Bai (1737–1738) • Reine régnante et veuve d’Ekoji II, renversée pendant une crise de succession.
- Shahuji II, dit Katturaja (1738–1739) • S’empara du trône en revendiquant une filiation contestée avec Serfoji Ier.
- Pratap Singh (1739–1763) • Consolida son pouvoir dans un contexte de rivalités régionales et d’interventions européennes.
- Tuljaji, dit Tulaja II (1763–1773 et 1776–1787) • Déposé par le nawab d’Arcot, retrouva son trône après trois années d’occupation.
- Serfoji II (1787–1793, règne nominal sous régence ; 1798–1832, rétabli) • Patron des savoirs et de la bibliothèque Sarasvati Mahal ; céda l’administration territoriale aux Britanniques en 1799.
- Amar Singh (1787–1793, régent ; 1793–1798, souverain) • Exerça le pouvoir avant d’être écarté au profit de Serfoji II avec l’appui britannique.
- Shivaji II (1832–1855, royauté sous domination britannique) • Dernier roi de la dynastie ; sa mort fut suivie de l’annexion des possessions restantes.

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