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tantrisme
Glossaires
| Terme | Définition |
|---|---|
| tantrisme | Le tantrisme désigne un ensemble diversifié de traditions religieuses, philosophiques et rituelles apparues en Asie du Sud à partir du milieu du premier millénaire de notre ère. Présentes principalement dans l’hindouisme et le bouddhisme, elles recourent notamment aux mantra, aux mandala, aux visualisations, aux rites d’initiation et à différentes formes de yoga. Le tantrisme ne constitue pas une religion autonome ni une doctrine unique. Le terme « tantrisme » regroupe des traditions très diverses qui se sont développées dans le sous-continent indien, principalement au sein de l’hindouisme et du bouddhisme. Certaines pratiques et conceptions tantriques ont également influencé le jaïnisme, le Bön tibétain et plusieurs traditions religieuses d’Asie centrale, orientale et du Sud-Est. Le mot dérive du sanskrit tantra, qui peut désigner un système, une doctrine, une méthode ou un traité. Il est parfois rapproché de la racine tan, « étendre » ou « déployer », et de l’image du tissage. Dans l’histoire religieuse indienne, un tantra est avant tout un texte exposant des enseignements, des rites, des représentations du monde et des pratiques spirituelles. Toutes les œuvres appelées tantra ne relèvent cependant pas d’un ensemble homogène, et certaines écritures tantriques portent d’autres noms, notamment āgama ou saṃhitā. Les premières traditions tantriques clairement identifiables apparaissent dans un contexte hindou vers le milieu du premier millénaire de notre ère. Elles se développent particulièrement dans les courants shivaïtes et shakta, puis dans certaines traditions vishnouites. Des formes distinctes de bouddhisme tantrique sont attestées à partir des VIe et VIIe siècles. Elles se diffusent ensuite vers le Népal, le Tibet, la Chine, la Corée, le Japon et l’Asie du Sud-Est. Dans le bouddhisme, elles sont notamment associées au Vajrayāna, bien que les formes et les dénominations diffèrent selon les régions. Ces traditions reposent généralement sur une transmission initiatique. Le disciple reçoit d’un maître l’autorisation et les instructions nécessaires à la pratique d’un rite, d’un mantra ou d’une méditation. Les méthodes employées peuvent comprendre la récitation de formules sacrées, les gestes rituels appelés mudrā, la contemplation d’un mandala, l’utilisation de diagrammes appelés yantra, la visualisation de divinités, les offrandes, la méditation et différentes disciplines corporelles ou respiratoires. Dans de nombreux systèmes, le pratiquant visualise une divinité et s’identifie rituellement à elle. Il ne s’agit pas simplement de l’adorer comme une puissance extérieure, mais d’actualiser les qualités ou l’énergie qu’elle représente. Certaines traditions décrivent également un « corps subtil » parcouru de canaux et comprenant des centres d’énergie, les cakra. Les conceptions modernes associant systématiquement le tantrisme aux cakra et à la kuṇḍalinī ne s’appliquent toutefois pas uniformément à toutes les écoles historiques. Les objectifs varient selon les traditions. Ils peuvent comprendre la libération spirituelle, l’union avec une divinité, la transformation de la perception, l’obtention de connaissances particulières ou l’acquisition de pouvoirs extraordinaires appelés siddhi. Certains rites visaient aussi des résultats pratiques, tels que la protection, la guérison, la prospérité ou la victoire. Dans plusieurs courants hindous, la puissance divine est conçue comme une énergie féminine, la Śakti. Les déesses, notamment Durgā, Kālī et les Yoginī, occupent alors une place centrale. Dans les traditions shivaïtes, cette puissance est souvent comprise dans sa relation avec Śiva ou Bhairava. Le bouddhisme tantrique développe ses propres panthéons, textes et méthodes de visualisation, tout en partageant certains éléments rituels avec les traditions hindoues médiévales. Certaines écoles ont employé, littéralement ou symboliquement, des substances et des pratiques considérées comme transgressives par les normes brahmaniques. Des rites pouvaient inclure la viande, l’alcool, des lieux funéraires ou, dans certains contextes restreints, une union sexuelle ritualisée. Ces éléments concernaient des courants particuliers et ne définissent pas le tantrisme dans son ensemble. L’assimilation moderne du tantra à la sexualité résulte largement de sélections, de réinterprétations et de transformations apparues en dehors de leurs contextes religieux originels. Le tantrisme a profondément influencé l’art et l’architecture de l’Asie. Les mandala ont fourni des modèles d’organisation symbolique de l’espace, tandis que les temples ont matérialisé des hiérarchies de divinités, des directions rituelles et des parcours de circumambulation. Les images à plusieurs bras ou plusieurs visages, les couples divins, les déités protectrices et les figures à l’apparence redoutable expriment des pouvoirs, des fonctions ou des états spirituels plutôt qu’une recherche du fantastique. Les temples des Yoginī, souvent circulaires et ouverts sur le ciel, constituent une manifestation architecturale particulièrement remarquable de ces traditions. « Tantrisme » demeure néanmoins une catégorie moderne et générale. Les communautés historiques ne formaient pas une Église tantrique unifiée et ne se désignaient pas nécessairement par ce nom. Il est donc plus exact de parler de traditions tantriques hindoues, bouddhiques ou jaïnes, en tenant compte de leurs différences doctrinales, géographiques et historiques. |

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