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Bukhara • Mosquée Juma - Mosquée de cour de la citadelle Ark

La mosquée Juma est un édifice religieux situé dans la citadelle Ark de Boukhara, en Ouzbékistan. Construite au XVIIᵉ siècle, elle faisait partie des bâtiments utilisés par les émirs qui gouvernaient la ville. Son architecture associe des espaces couverts et une vaste cour adaptée aux rassemblements religieux. Aujourd’hui intégrée au centre historique de Boukhara, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle illustre le rôle de la citadelle comme centre politique, administratif et religieux. La mosquée est également utilisée pour présenter des collections liées à l’histoire et au patrimoine culturel de la région.

La mosquée Juma de la citadelle Ark de Boukhara

 

Construction au sein de la résidence des émirs

 

La mosquée Juma est située à l’intérieur de la citadelle Ark, ancienne résidence fortifiée des souverains de Boukhara. L’édifice fut construit à la fin du XVIIᵉ siècle sous le règne de Subhan Quli Khan, membre de la dynastie astrakhanide qui gouvernait alors le khanat de Boukhara. Contrairement aux grandes mosquées urbaines destinées à accueillir la population, cette mosquée était intégrée à l’espace de pouvoir de la citadelle et servait principalement aux besoins religieux de la cour.

 

Sa création s’inscrit dans une phase de réorganisation et d’aménagement de l’Ark, qui regroupait les fonctions politiques, administratives et religieuses du gouvernement. La mosquée permettait à l’émir, à sa famille et aux hauts dignitaires de participer aux prières sans quitter l’enceinte fortifiée.

 

Fonction religieuse et usage sous l’émirat

 

Pendant plus de deux siècles, la mosquée Juma demeura un lieu de culte réservé aux occupants de l’Ark. Elle accueillait les prières collectives du vendredi ainsi que diverses cérémonies religieuses liées à la vie de la cour. Son emplacement au sein de la citadelle renforçait le lien entre l’autorité politique et la pratique religieuse.

 

L’édifice faisait partie d’un ensemble plus vaste comprenant palais, bureaux administratifs, logements, salles de réception et bâtiments de service. Son usage resta étroitement associé à la présence des émirs de Boukhara jusqu’au début du XXᵉ siècle. À cette époque, l’Ark constituait encore le centre effectif du pouvoir dans la ville.

 

Destruction partielle de l’Ark et survie de la mosquée

 

En 1920, la citadelle fut bombardée lors de la conquête de Boukhara par l’Armée rouge. Une grande partie des bâtiments historiques de l’Ark fut détruite ou gravement endommagée au cours de ces événements. La mosquée Juma échappa toutefois à la disparition qui frappa de nombreuses constructions de la résidence royale.

 

Après la chute de l’émirat, le complexe perdit sa fonction politique. Les bâtiments conservés furent progressivement affectés à de nouveaux usages. La mosquée fut préservée dans le cadre des campagnes de restauration entreprises durant la période soviétique puis poursuivies après l’indépendance de l’Ouzbékistan. Ces interventions visaient à stabiliser les structures anciennes et à maintenir l’intégrité du monument au sein de la citadelle.

 

Repères chronologiques contemporains

 

La construction de la mosquée Juma intervient à la fin du XVIIᵉ siècle. À la même époque, le château de Versailles connaît son apogée sous le règne de Louis XIV en France. En Russie, Pierre le Grand engage les réformes qui transformeront l’État russe au tournant du XVIIIᵉ siècle. En Chine, la dynastie Qing consolide son autorité sur un vaste territoire asiatique.

 

Conservation et rôle actuel

 

Aujourd’hui, la mosquée Juma fait partie des monuments conservés à l’intérieur de la citadelle Ark. Le bâtiment est intégré au parcours de visite du site et accueille des expositions consacrées à l’histoire et au patrimoine de Boukhara. Son rôle religieux d’origine a laissé place à une fonction culturelle et patrimoniale.

 

Depuis 1993, la mosquée est protégée dans le cadre du bien UNESCO Historic Centre of Bukhara, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Cette inscription englobe l’ensemble historique de la ville ainsi que les principaux monuments préservés de la citadelle. La mosquée Juma constitue aujourd’hui un témoignage de l’organisation de la résidence des émirs et de la place occupée par les institutions religieuses au sein du pouvoir boukhariote.

Organisation architecturale de la mosquée Juma de la citadelle Ark

 

Implantation dans la citadelle et composition générale

 

La mosquée Juma occupe une position privilégiée à l’intérieur de la citadelle Ark de Boukhara. Son implantation répond à la fonction particulière de l’édifice, destiné aux souverains et aux occupants de la résidence fortifiée. Contrairement aux grandes mosquées urbaines ouvertes à l’ensemble de la population, elle s’insère dans un ensemble palatial composé de bâtiments administratifs, résidentiels et cérémoniels.

 

L’édifice s’organise autour d’une vaste cour rectangulaire à ciel ouvert. Cette cour constitue l’espace central de rassemblement et distribue les différentes parties de la mosquée. La disposition générale privilégie la circulation entre les zones découvertes et les espaces couverts. L’ensemble adopte une composition relativement sobre, adaptée à son intégration dans l’architecture de la citadelle plutôt qu’à une fonction monumentale visible depuis la ville.

 

Portiques, galeries et espaces de prière

 

L’élément le plus caractéristique de la mosquée est le long portique qui borde la cour principale. Celui-ci est soutenu par une série de colonnes en bois alignées selon un rythme régulier. Ces colonnes supportent une toiture protégeant les fidèles du soleil et des intempéries tout en maintenant une large ouverture vers la cour.

 

La salle de prière proprement dite se développe derrière cette galerie. L’espace couvert reste étroitement lié à l’environnement extérieur grâce à la présence du portique qui joue le rôle de transition architecturale. Cette organisation permet d’augmenter la capacité d’accueil lors des rassemblements religieux en utilisant simultanément les espaces couverts et la cour.

 

Les proportions du portique créent un effet de profondeur particulièrement visible depuis l’axe principal de la cour. La répétition des colonnes produit une succession de plans qui structure visuellement l’espace et guide le regard vers les parties les plus importantes de l’édifice.

 

Matériaux et techniques de construction

 

La mosquée combine des matériaux traditionnellement employés dans l’architecture de Boukhara. Les murs sont principalement réalisés en briques recouvertes d’enduits clairs qui uniformisent les surfaces et renforcent la luminosité de la cour. Cette finition contraste avec les éléments en bois qui constituent les parties les plus remarquables de l’édifice.

 

Les colonnes du portique témoignent d’un savoir-faire artisanal spécialisé. Elles sont taillées dans le bois puis décorées de motifs sculptés. Leur fonction n’est pas uniquement décorative : elles assurent également le soutien de la toiture tout en permettant de dégager de larges espaces ouverts sans recourir à des murs porteurs continus.

 

La toiture repose sur un système de poutres et de charpentes en bois répartissant les charges sur l’ensemble de la colonnade. Cette solution constructive contribue à la légèreté visuelle de la galerie tout en offrant une protection efficace contre les conditions climatiques de la région.

 

Décor architectural et traitement des surfaces

 

Le décor de la mosquée Juma demeure relativement mesuré en comparaison de certains monuments religieux de Boukhara. L’accent est mis sur la qualité des proportions et sur le travail du bois plutôt que sur l’abondance d’ornements monumentaux.

 

Les colonnes présentent des sculptures géométriques et végétales qui animent les surfaces verticales. Les plafonds du portique reçoivent également un traitement décoratif fondé sur la répétition de motifs peints ou sculptés. Ces éléments apportent une richesse visuelle perceptible à proximité immédiate des structures.

 

Les façades donnant sur la cour privilégient des volumes simples. Les ouvertures et les arcades assurent la liaison entre les différents espaces sans rompre l’unité de l’ensemble. La présence limitée de grands décors céramiques renforce le caractère fonctionnel de l’édifice et souligne son appartenance au complexe résidentiel des émirs.

 

Transformations et conservation de l’édifice

 

Les destructions qui ont affecté la citadelle Ark au début du XXᵉ siècle ont entraîné la disparition d’une partie importante des bâtiments environnants. La mosquée Juma a néanmoins conservé l’essentiel de sa structure architecturale. Les restaurations entreprises au cours du XXᵉ siècle ont porté principalement sur la stabilisation des maçonneries, l’entretien des éléments en bois et la préservation des espaces de la cour.

 

Aujourd’hui, l’édifice est intégré au parcours muséal de la citadelle. Cette nouvelle fonction a nécessité certains aménagements destinés à accueillir les visiteurs et les expositions, tout en maintenant l’organisation spatiale historique de la mosquée. Les travaux de conservation visent à préserver les structures en bois, particulièrement sensibles aux variations climatiques, ainsi que les revêtements qui caractérisent l’apparence actuelle du monument.

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