De tradition hindoue, (avec aussi une influence bouddhiste), la dynastie Chalukya de Vengi a régné pendant environ 506 ans, ± entre 624 et 1130 sur tout ou partie de l'Inde du Sud, au cours de la période classique.
Cette carte illustre le territoire maximal que la dynastie Chalukya de Vengi a atteint à son apogée, couvrant les régions actuelles de Andhra Pradesh en Inde. Son but principal est de fournir une aide visuelle pour comprendre l'étendue géographique de cette dynastie. Il convient toutefois de noter que les frontières contemporaines de ces régions ne coïncident pas nécessairement avec les territoires historiques.
La dynastie Chalukya de Vengi et l’affirmation politique et culturelle de l’Andhra médiéval
Une branche chalukya devenue puissance régionale autonome
La dynastie Chalukya de Vengi, aussi appelée dynastie des Chalukya orientaux, occupe une place importante dans l’histoire de l’Inde médiévale. Issue de la branche des Chalukya de Badami, elle s’établit dans la région de Vengi, dans l’Andhra côtier, à partir du VIIe siècle. Son fondateur, Kubja Vishnuvardhana I, frère du puissant Pulakeshin II de Badami, gouverna d’abord la région comme représentant chalukya avant de donner naissance à une lignée progressivement autonome.
Cette dynastie régna pendant plusieurs siècles sur une zone stratégique située entre le Deccan intérieur et la côte orientale de l’Inde. Sa longévité lui donna un rôle particulier : elle servit de lien entre les puissances du Karnataka, les royaumes de l’Andhra, les dynasties tamoules et les réseaux maritimes du golfe du Bengale. Les Chalukya de Vengi furent rarement isolés. Leur histoire fut constamment marquée par les interventions des Rashtrakuta, des Chola, des Chalukya de Kalyani et des pouvoirs locaux de l’Andhra.
Une position politique stratégique entre Deccan et côte orientale
La région de Vengi occupait une position géographique essentielle. Située entre les bassins de la Godavari et de la Krishna, elle bénéficiait de terres fertiles, de voies fluviales importantes et d’un accès indirect aux routes maritimes de la côte orientale. Cette situation expliqua l’intérêt constant des grandes dynasties voisines pour le contrôle ou l’influence sur ce royaume.
Sur le plan politique, les Chalukya de Vengi jouèrent souvent le rôle d’un État tampon entre les puissances du Deccan occidental et celles du sud-est de l’Inde. Au début de leur histoire, ils durent composer avec l’autorité ou la pression des Chalukya de Badami, puis avec celle des Rashtrakuta. Plus tard, Vengi devint un enjeu central dans la rivalité entre les Chola du Tamil Nadu et les Chalukya de Kalyani. Les souverains de Vengi utilisèrent les alliances matrimoniales, les successions dynastiques et les appuis militaires pour préserver leur autonomie, même si celle-ci fut parfois réduite.
Des relations déterminantes avec les Chola
À partir du Xe et du XIe siècle, les relations avec les Chola prirent une importance décisive. Les mariages entre les familles royales de Vengi et de Tanjavur rapprochèrent les deux dynasties et changèrent l’équilibre politique de l’Inde du Sud. Cette alliance donna aux Chola un moyen d’intervenir dans les affaires de Vengi, mais elle permit aussi à certains souverains chalukya de renforcer leur position face à leurs rivaux internes.
Sous Rajaraja Narendra, les liens entre Vengi et les Chola atteignirent une intensité particulière. Le royaume resta politiquement lié à la sphère chola tout en conservant une identité régionale propre. Cette situation finit par aboutir à une fusion dynastique partielle : Kulottunga I, issu de la lignée de Vengi par son père et de la lignée chola par sa mère, devint souverain chola. Par cette continuité, les Chalukya de Vengi influencèrent directement l’histoire impériale du sud de l’Inde.
Une contribution majeure à la culture telugu
L’impact culturel des Chalukya de Vengi fut considérable, surtout dans l’histoire de la langue et de la littérature telugu. Leur règne correspond à une phase durant laquelle l’Andhra acquit une identité culturelle plus affirmée. Les inscriptions, les donations religieuses et les œuvres littéraires témoignent d’un milieu où le sanskrit conservait son prestige, tandis que le telugu gagnait progressivement en importance comme langue régionale de culture et d’expression politique.
Le règne de Rajaraja Narendra est particulièrement associé au développement littéraire telugu. La tradition attribue à son patronage un rôle essentiel dans l’entreprise de traduction ou d’adaptation du Mahabharata en telugu par Nannaya, souvent considéré comme l’un des premiers grands poètes de cette langue. Ce moment marque une étape importante dans la formation d’une littérature telugu savante et durable.
Un patronage religieux inscrit dans le paysage de l’Andhra
Les Chalukya de Vengi patronnèrent principalement des institutions hindoues, mais leur royaume s’inscrivait dans un environnement religieux varié. Les temples, les donations foncières et les inscriptions jouèrent un rôle essentiel dans l’affirmation de leur pouvoir. Comme dans d’autres royaumes médiévaux indiens, le patronage religieux servait à la fois la dévotion, la légitimation politique et l’intégration des élites locales.
Les temples recevaient des terres, des revenus et des privilèges. Ils devinrent des lieux de culte, mais aussi des centres économiques, sociaux et administratifs. En soutenant ces institutions, les souverains de Vengi renforçaient leur autorité dans les campagnes et les villes, tout en inscrivant leur dynastie dans une géographie sacrée reconnue.
Une économie fondée sur les plaines fertiles et les routes orientales
L’économie de Vengi reposait sur les plaines agricoles de l’Andhra côtier, particulièrement favorisées par les systèmes fluviaux de la Krishna et de la Godavari. La production agricole fournissait les ressources nécessaires à la cour, aux armées, aux temples et aux élites régionales. Le contrôle des terres fertiles fut donc un élément central de la puissance chalukya.
La position du royaume près de la côte orientale favorisait également les échanges. Même lorsque les Chalukya de Vengi n’étaient pas une puissance maritime comparable aux Chola, ils bénéficiaient de leur proximité avec les routes commerciales du golfe du Bengale. Cette situation renforça l’intérêt des Chola pour la région et contribua à la richesse des centres urbains et religieux de l’Andhra.
Une dynastie charnière dans l’histoire politique du sud de l’Inde
La dynastie Chalukya de Vengi perdit progressivement son autonomie à mesure que l’influence chola s’intensifia et que les rivalités avec les Chalukya de Kalyani s’accentuèrent. Pourtant, son rôle historique ne se limite pas à cette absorption politique. Elle assura la continuité d’une tradition chalukya dans l’est du Deccan, structura durablement l’Andhra côtier et contribua à l’émergence de la culture telugu.
Par sa position entre Deccan, Andhra et pays tamoul, elle fut l’un des pivots politiques de l’Inde médiévale méridionale. Par son patronage littéraire et religieux, elle participa à la formation d’une identité régionale forte. Les Chalukya de Vengi furent ainsi une dynastie de transition et de médiation, dont l’influence dépassa largement les frontières de leur royaume.
L’extension géographique de la dynastie Chalukya de Vengi dans l’Andhra médiéval
Un royaume établi entre la Godavari et la Krishna
La dynastie Chalukya de Vengi, aussi appelée dynastie des Chalukya orientaux, s’établit à partir du VIIe siècle dans l’est du Deccan. Son territoire principal correspondait à la région de Vengi, située dans l’actuel Andhra Pradesh, entre les bassins de la Godavari et de la Krishna. Cette zone formait un espace fertile, bien irrigué, ouvert vers la côte orientale de l’Inde et relié à l’intérieur du plateau deccanien.
L’origine de cette dynastie est liée à l’expansion des Chalukya de Badami. Kubja Vishnuvardhana I, frère de Pulakeshin II, fut installé dans la région comme représentant du pouvoir chalukya occidental. Progressivement, cette branche orientale devint autonome. L’extension géographique des Chalukya de Vengi doit donc être comprise comme le passage d’une province orientale du monde chalukya à un royaume régional durable, enraciné dans l’Andhra côtier.
Le cœur territorial de Vengi dans l’Andhra côtier
Le cœur du royaume se situait dans les plaines orientales de l’Andhra, autour de la région historique de Vengi. Les zones proches des fleuves Godavari et Krishna étaient particulièrement importantes pour l’agriculture, les communications et l’administration. Ces plaines fertiles fournissaient les ressources nécessaires au maintien de la cour, des temples et des élites militaires.
Ce territoire était plus ouvert que les zones rocheuses du Deccan occidental. Il favorisait les échanges, mais il exposait aussi le royaume aux interventions extérieures. La proximité de la côte orientale donnait accès aux circuits commerciaux du golfe du Bengale, tandis que les routes intérieures reliaient Vengi au Karnataka, au Telangana et au Tamil Nadu septentrional. Cette situation fit de Vengi un espace stratégique, convoité par les grandes puissances voisines.
Des frontières variables selon la force des souverains
L’extension du royaume de Vengi ne fut pas constante. Aux périodes de stabilité, les Chalukya orientaux contrôlèrent une large partie de l’Andhra côtier et exercèrent une influence sur des territoires plus intérieurs. Aux périodes de crise, leur autorité se réduisit, parfois au profit de chefs locaux, de dynasties voisines ou de puissances intervenant dans les successions.
Le contrôle effectif dépendait souvent de la capacité du souverain à maintenir l’appui des élites régionales. Les donations foncières, les alliances matrimoniales et le patronage religieux permettaient de consolider l’autorité dynastique. Cependant, plusieurs règnes furent brefs ou contestés, surtout entre le IXe et le Xe siècle. Les périodes de luttes internes affaiblissaient le contrôle territorial et ouvraient la voie aux interventions des Rashtrakuta, des Chola ou des Chalukya de Kalyani.
Les relations avec les Rashtrakuta et les puissances du Deccan occidental
À partir du VIIIe siècle, les Rashtrakuta remplacèrent les Chalukya de Badami comme grande puissance du Deccan occidental. Cette mutation transforma la position géopolitique de Vengi. Les Chalukya orientaux, issus à l’origine du monde chalukya, durent désormais composer avec une puissance occidentale rivale, capable d’intervenir dans l’Andhra.
Les Rashtrakuta cherchèrent à contrôler ou à influencer Vengi pour sécuriser leur flanc oriental et empêcher la formation d’un pouvoir autonome trop fort sur la côte. Les Chalukya de Vengi, de leur côté, tentèrent de préserver leur autonomie en jouant sur les rivalités régionales. Leur territoire devint ainsi une zone de contact entre l’est côtier et l’ouest deccanien.
Cette pression occidentale contribua à rendre la politique de Vengi instable. Certains souverains purent affirmer leur indépendance, tandis que d’autres durent accepter une forme de dépendance ou subir des interventions militaires.
L’enjeu de Vengi dans la rivalité entre Chola et Chalukya de Kalyani
À partir du Xe et surtout du XIe siècle, la région de Vengi devint l’un des principaux enjeux de la rivalité entre les Chola du Tamil Nadu et les Chalukya de Kalyani. Sa position expliquait cette importance. Vengi contrôlait une partie de la côte orientale et formait un passage entre le pays tamoul, l’Andhra et le Deccan intérieur.
Pour les Chola, l’influence sur Vengi permettait d’étendre leur sphère politique vers le nord et de renforcer leur présence sur la côte du golfe du Bengale. Pour les Chalukya de Kalyani, empêcher une domination chola sur Vengi était essentiel afin de protéger leur flanc oriental. Le royaume de Vengi devint donc une zone tampon, mais aussi un champ de compétition diplomatique et militaire.
Les alliances matrimoniales jouèrent un rôle décisif. Les mariages entre la lignée de Vengi et la maison chola rapprochèrent progressivement les deux dynasties. Cette politique renforça parfois les souverains de Vengi, mais elle réduisit aussi leur autonomie à long terme.
Une extension orientale structurée par les plaines, les temples et les routes
L’espace contrôlé par les Chalukya de Vengi reposait sur les richesses agricoles de l’Andhra côtier. Les plaines de la Krishna et de la Godavari permettaient une production abondante, qui soutenait la fiscalité, les donations religieuses et l’entretien des élites. Les temples devinrent des points d’ancrage du pouvoir dynastique, recevant des terres et participant à l’organisation économique locale.
Les routes fluviales et terrestres facilitaient les échanges entre l’intérieur du Deccan et la côte. Même si les Chalukya de Vengi ne furent pas toujours une puissance maritime dominante, leur position leur donnait accès aux réseaux économiques de l’est de l’Inde. Cette dimension renforça l’intérêt des Chola, dont la puissance était fortement liée aux échanges côtiers et maritimes.
Une autonomie progressivement absorbée par l’ordre chola
Au XIe siècle, l’influence chola devint de plus en plus forte à Vengi. Sous Rajaraja Narendra, les liens avec les Chola atteignirent une importance particulière. La fusion dynastique aboutit finalement à l’accession de Kulottunga I, issu de la lignée de Vengi et de la maison chola, au trône chola. Cette évolution transforma la géographie politique de la région.
L’extension géographique des Chalukya de Vengi fut donc moins celle d’un empire conquérant que celle d’un royaume charnière. Son territoire, centré sur l’Andhra côtier, liait les plaines orientales au Deccan intérieur et au monde tamoul. Cette position fit sa richesse, mais aussi sa vulnérabilité. Les Chalukya de Vengi contrôlèrent un espace essentiel pour les relations entre Deccan, Andhra et Inde du Sud, et leur héritage territorial contribua durablement à l’importance politique et culturelle de l’Andhra médiéval.
Cette chronologie concerne les Chalukya de Vengi, aussi appelés Chalukya orientaux, issus d’une branche des Chalukya de Badami. Les souverains sont généralement désignés comme rois dans l’historiographie moderne, bien que les inscriptions emploient aussi des titres royaux honorifiques comme Maharaja. Les dates restent indicatives, car plusieurs règnes furent très brefs, contestés ou interrompus par les interventions des Rashtrakuta, des Chola et des Chalukya de Kalyani.
- Kubja Vishnuvardhana I (vers 624–641) • Frère de Pulakeshin II, il gouverne d’abord Vengi comme vice-roi avant d’établir une lignée autonome.
- Jayasimha I (vers 641–673) • Il consolide le royaume de Vengi durant une période relativement stable.
- Indra Bhattaraka (vers 673) • Son règne très bref est généralement placé entre Jayasimha I et Vishnuvardhana II.
- Vishnuvardhana II (vers 673–682) • Il maintient la continuité dynastique dans une phase encore peu documentée.
- Mangi Yuvaraja (vers 682–706) • Il règne alors que Vengi doit composer avec des pressions régionales croissantes.
- Jayasimha II (vers 706–718) • Il gouverne dans un contexte de rivalités internes et de tensions avec les puissances voisines.
- Kokkili Vikramaditya (vers 718) • Il s’empare brièvement du trône avant d’être écarté par Vishnuvardhana III.
- Vishnuvardhana III (vers 719–755) • Il rétablit la continuité dynastique après une crise successorale.
- Vijayaditya I (vers 755–772) • Il règne durant la période où les Rashtrakuta remplacent les Chalukya de Badami comme grande puissance du Deccan occidental.
- Vishnuvardhana IV (vers 772–808) • Son règne se déroule sous une pression accrue des Rashtrakuta.
- Vijayaditya II (vers 808–847) • Il maintient l’autorité chalukya malgré les interventions des puissances du Deccan.
- Kali Vishnuvardhana V (vers 847–849) • Son règne est court et précède l’essor de Vijayaditya III.
- Vijayaditya III Gunaga (vers 849–892) • Il restaure le prestige de Vengi et affirme plus fortement l’indépendance chalukya face aux Rashtrakuta.
- Yuddhamalla I (vers 892) • Il occupe brièvement le trône dans une période de transition dynastique.
- Chalukya Bhima I (vers 892–921) • Il renforce le royaume après les troubles successoraux et devient l’un des souverains importants de Vengi.
- Vijayaditya IV (vers 921) • Son règne très bref marque une nouvelle phase d’instabilité dynastique.
- Amma I (vers 921–927) • Aussi appelé Vijayaditya V, il est renversé dans le contexte des luttes internes de la famille royale.
- Tala I (vers 927) • Il s’empare brièvement du pouvoir avant d’être renversé à son tour.
- Vikramaditya II (vers 927–928) • Il règne moins d’un an après avoir éliminé Tala I.
- Bhima II (vers 928) • Son pouvoir est très bref et s’inscrit dans une succession violente.
- Yuddhamalla II (vers 928–935) • Il gouverne après une série de coups de force dynastiques.
- Chalukya Bhima II (vers 935–947) • Il rétablit une forme de stabilité après plusieurs règnes disputés.
- Amma II (vers 947–970) • Son règne est long mais marqué par des contestations et des renversements temporaires.
- Tala II (vers 970) • Il occupe brièvement le trône après avoir écarté Amma II.
- Danarnava (vers 970–973) • Frère d’Amma II, il règne peu de temps avant d’être tué par Jata Choda Bhima.
- Jata Choda Bhima (vers 973–999) • Chef telugu choda, il contrôle Vengi après avoir écarté la lignée chalukya directe.
- Shaktivarman I (vers 999–1011) • Fils de Danarnava, il est rétabli avec l’appui des Chola et restaure la lignée chalukya de Vengi.
- Vimaladitya (vers 1011–1018) • Il renforce les liens avec les Chola par alliance matrimoniale.
- Rajaraja Narendra (vers 1018–1061) • Son règne marque l’apogée des relations entre Vengi et les Chola et favorise l’essor de la culture telugu.
- Shaktivarman II (vers 1061–1062) • Son règne bref appartient à la période de forte pression chola et chalukya occidentale.
- Vijayaditya VII (vers 1062–1075, avec interruption probable) • Son autorité est contestée et interrompue dans un contexte de rivalité entre Chola et Chalukya de Kalyani.
- Rajaraja (vers 1075–1079, autorité probablement nominale ou subordonnée) • Il est parfois mentionné parmi les derniers dirigeants chalukya de Vengi sous influence chola.
- Vishnuvardhana VII (vers 1079–1102, autorité probablement nominale ou subordonnée) • Dernier souverain chalukya de Vengi souvent cité, il appartient à une phase où le royaume est largement absorbé dans l’ordre chola.

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