De tradition hindoue, (avec aussi une influence islamique), la dynastie Bhonsle de Nagpur a régné pendant environ 123 ans, ± entre 1730 et 1853 sur tout ou partie de l'Inde de l’Ouest, de l'Inde Centrale et de l'Inde de l’Est, au cours de la période coloniale.
Cette carte illustre le territoire maximal que la dynastie Bhonsle de Nagpur a atteint à son apogée, couvrant les régions actuelles de Chhattisgarh, Madhya Pradesh, Maharashtra et Odisha en Inde. Son but principal est de fournir une aide visuelle pour comprendre l'étendue géographique de cette dynastie. Il convient toutefois de noter que les frontières contemporaines de ces régions ne coïncident pas nécessairement avec les territoires historiques.
La dynastie Bhonsle de Nagpur : une puissance marathe au service de la transformation politique, économique et culturelle de l’Inde
La dynastie Bhonsle de Nagpur occupe une place essentielle dans l’histoire de l’Inde entre le XVIIIᵉ et le milieu du XIXᵉ siècle. Branche de la prestigieuse famille Bhonsle, à laquelle appartenait également Shivaji, fondateur de l’Empire marathe, elle participa activement à l’expansion de la Confédération marathe vers l’Inde centrale et orientale. Installés à Nagpur à partir de 1739, les Bhonsle édifièrent un royaume puissant qui s’étendait sur une vaste partie des territoires correspondant aujourd’hui au Maharashtra oriental, au Chhattisgarh, à l’Odisha et à certaines régions du Madhya Pradesh. Leur histoire illustre la montée des puissances régionales après le déclin de l’Empire moghol, mais aussi les profondes transformations provoquées par l’expansion britannique sur le sous-continent.
L’émergence d’une puissance régionale
L’ascension des Bhonsle de Nagpur est indissociable de l’expansion de la Confédération marathe au XVIIIᵉ siècle. Son fondateur, Raghuji Bhonsle Ier, s’imposa comme l’un des plus brillants chefs militaires marathes grâce à ses campagnes victorieuses contre les souverains gonds et les autorités mogholes de l’Inde centrale. En choisissant Nagpur comme capitale, il transforma une ville régionale en un centre politique et militaire de premier plan.
Bien que les Bhonsle reconnaissent officiellement l’autorité du Peshwa de Pune, ils gouvernaient leur royaume avec une grande autonomie. Cette indépendance leur permit de mener leur propre politique diplomatique, de lever des armées importantes et de conduire des expéditions vers l’Odisha, le Bengale et les provinces orientales de l’ancien Empire moghol. Ils devinrent ainsi l’une des principales familles dirigeantes de la Confédération marathe, aux côtés des Scindia de Gwalior, des Holkar d’Indore et des Gaekwad de Baroda.
Un acteur majeur de la politique indienne
Sur le plan politique, les Bhonsle contribuèrent à remodeler l’équilibre des pouvoirs en Inde centrale. Leur royaume occupait une position stratégique entre le Deccan, le nord de l’Inde et les provinces orientales, ce qui leur permettait d’intervenir dans les affaires des royaumes voisins tout en contrôlant d’importants axes de communication.
Leurs souverains participèrent aux campagnes militaires menées contre les Nizams d’Hyderabad, les derniers représentants du pouvoir moghol ainsi que plusieurs principautés de l’est du sous-continent. Leur politique visait à consolider leur domination territoriale tout en assurant la stabilité administrative des régions conquises. Pour cela, ils mirent en place un système de gouvernance reposant sur des administrateurs locaux, la perception des impôts et le maintien d’une armée permanente.
Cependant, l’essor de la Compagnie britannique des Indes orientales modifia profondément la situation politique. Les guerres anglo-marathes réduisirent progressivement la puissance des grandes maisons marathes. La troisième guerre anglo-marathe, entre 1817 et 1818, marqua un tournant décisif. Les Bhonsle conservèrent leur royaume sous protectorat britannique, mais perdirent une grande partie de leur autonomie. En 1853, après la mort de Raghuji III sans héritier direct, le royaume fut annexé par les Britanniques en application de la Doctrine of Lapse.
Une économie fondée sur l’agriculture et les échanges
Le développement économique du royaume de Nagpur reposait avant tout sur l’agriculture. Les plaines fertiles de l’Inde centrale permettaient la culture des céréales, du coton, des légumineuses et des oléagineux. Les Bhonsle organisèrent un système fiscal relativement efficace qui garantissait des revenus réguliers tout en favorisant la mise en valeur des terres agricoles.
La situation géographique de Nagpur constituait également un atout majeur. Située au carrefour des routes reliant le Deccan, l’Inde du Nord et les provinces orientales, la ville devint un important centre commercial. Les caravanes transportant des produits agricoles, des textiles, des métaux ou des chevaux traversaient régulièrement le royaume. Les taxes prélevées sur ces échanges représentaient une ressource essentielle pour les finances de l’État.
Les souverains encouragèrent également le développement des activités artisanales. Les ateliers de tissage, les forges et les manufactures d’armes approvisionnaient aussi bien les marchés civils que les armées marathes. Cette diversité économique contribua à la prospérité de Nagpur durant une grande partie du XVIIIᵉ siècle.
Un héritage culturel marqué par la diversité
Les Bhonsle exercèrent une influence culturelle importante en favorisant le développement des traditions marathes tout en intégrant les spécificités des populations locales. Ils patronnèrent la construction et la restauration de nombreux temples hindous, participant ainsi à la diffusion des pratiques religieuses de la région.
Leur cour attira des érudits, des poètes, des artistes et des artisans issus de différentes régions de l’Inde. Le marathi demeurait la principale langue administrative, mais coexistait avec le hindi, le gondi, l’oriya et d’autres langues régionales, reflet de la diversité ethnique et culturelle du royaume.
L’architecture développée sous leur règne témoigne de cette rencontre entre plusieurs traditions. Les édifices religieux et civils associent des éléments caractéristiques du Deccan aux influences des populations gondes et des régions septentrionales. Cette synthèse artistique participa à l’émergence d’une identité propre à l’Inde centrale.
Une influence durable dans l’histoire de l’Inde
La dynastie Bhonsle de Nagpur représente l’un des meilleurs exemples de l’essor des puissances régionales qui succédèrent progressivement à l’autorité moghole. Grâce à leurs succès militaires, à leur administration structurée et à leur capacité à contrôler les grands réseaux commerciaux, les Bhonsle firent de Nagpur un centre politique, économique et culturel de premier ordre.
Si leur souveraineté prit fin avec l’expansion britannique au milieu du XIXᵉ siècle, leur héritage demeure profondément inscrit dans l’histoire de l’Inde centrale. Le développement urbain de Nagpur, l’organisation économique du royaume et les monuments édifiés sous leur règne témoignent encore aujourd’hui de leur influence. Leur parcours illustre les profondes mutations que connut le sous-continent entre l’effacement progressif de l’Empire moghol et l’établissement de la domination coloniale britannique, faisant des Bhonsle l’une des dynasties les plus marquantes de cette période charnière de l’histoire indienne.
L’extension géographique de la dynastie Bhonsle de Nagpur et son influence sur les relations avec les dynasties voisines
La dynastie Bhonsle de Nagpur fut l’une des principales branches de la Confédération marathe et joua un rôle déterminant dans l’expansion territoriale de la puissance marathe au cours du XVIIIᵉ siècle. Fondée par Raghuji Bhonsle Ier, elle transforma un royaume régional d’Inde centrale en un vaste État s’étendant jusqu’aux provinces orientales du sous-continent. Grâce à une combinaison de conquêtes militaires, d’alliances politiques et d’une administration efficace, les Bhonsle contrôlèrent un territoire stratégique reliant le Deccan, l’Inde centrale et la côte orientale. Cette extension géographique influença profondément leurs relations avec les autres dynasties marathes, les souverains régionaux et, plus tard, la Compagnie britannique des Indes orientales.
Le cœur du royaume autour de Nagpur
Le centre du pouvoir des Bhonsle se trouvait à Nagpur, dans l’actuel Maharashtra oriental. Lorsque Raghuji Bhonsle Ier choisit cette ville comme capitale en 1739, elle occupait déjà une position privilégiée au carrefour des routes reliant le nord et le sud de l’Inde. Cette situation géographique permit au royaume de contrôler les échanges entre le Deccan, la vallée du Gange et les régions orientales.
Autour de Nagpur s’étendait un territoire comprenant le Vidarbha actuel ainsi qu’une grande partie des anciennes terres gouvernées par les souverains gonds. La conquête de ces régions donna aux Bhonsle une solide base agricole, des ressources forestières importantes et le contrôle de plusieurs voies commerciales terrestres.
Une expansion vers l’est
Sous le règne de Raghuji Bhonsle Ier, le royaume connut une expansion spectaculaire en direction de l’est. Les armées marathes s’emparèrent progressivement de vastes portions de l’actuelle Odisha, alors appelée Orissa, ainsi que de territoires situés dans le Chhattisgarh contemporain.
Les Bhonsle menèrent également plusieurs campagnes dans les provinces du Bengale et du Bihar. Sans toujours exercer une administration directe sur ces régions, ils imposèrent à plusieurs reprises le paiement du chauth, un tribut traditionnel réclamé par les Marathes. Cette influence économique renforça considérablement leur puissance financière tout en étendant leur autorité politique bien au-delà de leurs frontières administratives.
La possession de l’Odisha présentait également un intérêt stratégique majeur. Elle ouvrait l’accès aux ports de la baie du Bengale et permettait au royaume de participer plus directement aux échanges commerciaux avec les régions côtières.
Les frontières occidentales et méridionales
À l’ouest, les territoires des Bhonsle rejoignaient ceux des autres grandes familles de la Confédération marathe, notamment les Holkar d’Indore, les Scindia de Gwalior et les Peshwa de Pune. Ces frontières étaient moins marquées par des conflits territoriaux permanents que par un équilibre politique complexe entre plusieurs puissances partageant une même origine marathe.
Vers le sud, le royaume entretenait des contacts réguliers avec le Nizam d’Hyderabad, l’un des principaux rivaux des Marathes. Cette proximité géographique donna lieu à plusieurs affrontements militaires mais aussi à des périodes de négociations et de compromis destinés à préserver les équilibres régionaux.
Les relations avec les dynasties marathes
L’expansion territoriale des Bhonsle renforça leur statut au sein de la Confédération marathe. Bien qu’ils reconnaissent officiellement l’autorité du Peshwa de Pune, ils administraient leurs possessions avec une autonomie considérable et poursuivaient leurs propres ambitions politiques.
Leurs relations avec les Scindia de Gwalior, les Holkar d’Indore et les Gaekwad de Baroda alternaient entre coopération et rivalité. Les grandes campagnes militaires contre les Moghols ou contre les Britanniques nécessitaient une coordination entre ces différentes maisons, mais chacune cherchait également à accroître son prestige et son influence au sein de la confédération.
Cette concurrence demeurait généralement limitée grâce à la répartition géographique des sphères d’influence. Les Bhonsle dominaient principalement l’Inde centrale orientale, tandis que les Scindia contrôlaient le nord de l’Inde centrale et que les Holkar exerçaient leur autorité sur la région d’Indore.
Les rapports avec les royaumes voisins
L’extension du royaume plaça également les Bhonsle au contact de plusieurs puissances régionales. À l’est, leurs campagnes les amenèrent à intervenir dans les affaires du Bengale, alors gouverné successivement par les Nawabs puis par les Britanniques. Au sud, leurs relations avec Hyderabad oscillèrent entre affrontements militaires et accords diplomatiques.
Dans les régions centrales, les anciens royaumes gonds furent progressivement intégrés au royaume de Nagpur. Les Bhonsle conservèrent souvent certaines structures administratives locales afin de faciliter l’intégration de ces territoires tout en assurant la perception des impôts et le maintien de l’ordre.
Cette politique permit une relative stabilité dans un espace géographique très diversifié, peuplé de communautés parlant différentes langues et possédant des traditions variées.
La confrontation avec les Britanniques
L’expansion des Bhonsle atteignit son apogée à la fin du XVIIIᵉ siècle, avant d’être progressivement remise en cause par la montée en puissance de la Compagnie britannique des Indes orientales. Les guerres anglo-marathes transformèrent profondément la géographie politique de l’Inde.
La deuxième guerre anglo-marathe, puis surtout la troisième, entraînèrent la perte de plusieurs territoires et la réduction de l’indépendance du royaume. Les Britanniques imposèrent progressivement leur influence sur les possessions des Bhonsle, limitant leur capacité d’action diplomatique et militaire.
Après la mort de Raghuji III en 1853 sans héritier direct, les autorités coloniales appliquèrent la Doctrine of Lapse et annexèrent définitivement le royaume de Nagpur. Cette décision mit fin à plus d’un siècle de domination des Bhonsle sur l’Inde centrale.
Une extension territoriale déterminante
L’expansion géographique de la dynastie Bhonsle de Nagpur fut l’un des principaux facteurs de son ascension politique. En contrôlant un vaste espace reliant le Maharashtra, le Chhattisgarh, l’Odisha et une partie de l’Inde orientale, les Bhonsle consolidèrent leur puissance militaire, développèrent des échanges commerciaux à grande échelle et jouèrent un rôle central dans les équilibres politiques de la Confédération marathe.
Cette position stratégique les plaça au cœur des relations entre les principales dynasties indiennes de leur époque. Alliés ou rivaux selon les circonstances, les Bhonsle participèrent activement à la recomposition du paysage politique de l’Inde du XVIIIᵉ siècle. Leur extension territoriale explique en grande partie leur influence durable dans l’histoire de l’Inde centrale, même si celle-ci prit fin avec l’établissement de la domination britannique au milieu du XIXᵉ siècle.
Les Bhonsle de Nagpur furent des souverains marathes, généralement désignés comme rajas ou maharajas de Nagpur, tout en portant aussi des titres marathes honorifiques ou militaires comme Senasaheb Subha. Certaines périodes doivent être distinguées avec prudence : Mudhoji I exerça surtout une régence pour Raghoji II, Parsoji eut un règne bref et largement nominal, et Raghoji III régna sous forte tutelle britannique jusqu’à l’annexion de Nagpur en 1853.
- Raghoji I Bhonsle (1739–1755) • Fondateur effectif de la puissance Bhonsle de Nagpur, il étendit l’autorité marathe sur le Berar, le Gondwana, le Chhattisgarh et l’Orissa.
- Janoji Bhonsle (1755–1772) • Fils de Raghoji I, il gouverna Nagpur dans un contexte de rivalités entre branches familiales et de rapports complexes avec les Peshwa.
- Mudhoji I Bhonsle (1772–1788, régence dominante) • Frère de Janoji, il s’imposa après une lutte successorale et gouverna principalement comme régent pour Raghoji II.
- Raghoji II Bhonsle (1788–1816) • Il régna pendant la période de consolidation et de confrontation croissante avec la Compagnie britannique des Indes orientales. Son pouvoir fut affaibli après la défaite marathe de 1803.
- Parsoji Bhonsle (1816–1817, règne nominal) • Fils de Raghoji II, il succéda brièvement à son père, mais son autorité réelle fut limitée et rapidement contestée.
- Mudhoji II Bhonsle, dit Appa Sahib (1817–1818) • Il écarta Parsoji et prit le pouvoir, puis affronta les Britanniques pendant la troisième guerre anglo marathe. Déposé en 1818, il perdit la souveraineté effective sur Nagpur.
- Raghoji III Bhonsle (1818–1853) • Placé sur le trône sous supervision britannique, il gouverna comme maharaja princier de Nagpur. Sa mort sans héritier masculin reconnu entraîna l’annexion de l’État par la doctrine de déshérence.

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